2012-12-21 La pire insulte lancée à Andrianampoinimerina

Publié le par Alain GYRE

2012-12-21 La pire insulte lancée à Andrianampoinimerina

Lorsque le roi de l'Imerina décide de s'attaquer à Ambohi­dranandriana. À environ 5 km d’Antsirabe, il est notamment accompagné des Zanadrangorinimerina (guerriers du clan de sa grand-mère maternelle, Rangorinimerina). Quand son armée s'approche, tous les habitants se barricadent dans le village bien protégé.
Comme à son habitude, le Roi commence à appeler les princes locaux, les Andria­masoandro, à se soumettre sans lutter. Voici ce qu'en dit le R.P. Callet dans son « Tantara ny Andriana eto Madagascar ». « Venez à moi, vous êtes mes enfants, car Dieu m'a donné ce pays et ce royaume.»
Mais les Andriamasoandro rétorquent: «Le rendez-vous n'est plus donné au Nord (en Imerina) car chacun a été enfanté par son père pour devenir un homme. Et un homme ne sert pas un autre homme.» Puis ils ajoutent: « Montez car la tête du bœuf est cuite.»
Pour le roi de l'Imerina, c'est un véritable crime de lèse-majesté. C'est la pire insulte que les Andriamasoandro peuvent lui faire, la tête étant le plus mauvais morceau de la viande de bœuf.
De surcroît, il se situe à l'opposé du
« vodihena » (culotte) que l'on offre aux souverains merina en signe de respect, sinon on risque la mort.
Néanmoins, le roi réitère son appel, mais la réponse ne change pas. Le combat s'engage alors car les assiégés refusent de se soumettre. La bataille est rude jusqu'à la chute du village.
Le R.P. Callet poursuit: «Andrianam­poinimerina y installa les Zana­drangorinimerina vaillants guerriers, et leur donna Bekàka et Lavadrano, c'est-à-dire la quasi-totalité du fief d'Ambohidranandriana.»
Les princes Andriamasoandro, comme tous descendants nobles, ont eu un Lapa appelé « Tranom-parantsa ». Emmanuel Fauroux de l’Orstom rapporte dans son livre («Le Royaume d'Ambohidranandriana, archéologie et traditions orales») le témoignage d'un villageois qu'il a interrogé sur la destruction de ce palais.
«C'était à l'époque de la révolte de Rabezavana et de Rainibetsimisaraka (des chefs Menalamba). Les pacificateurs passèrent par Ambohidranan­driana. C'était des soldats arabes. Celui qui les commandait, demanda au chef du village d'alors de lui donner du bois mort. Celui-ci qui désirait montrer sa bonne volonté, entreprit alors de détruire le lapa car on ne trouvait pas de bois et le lapa était déjà presque en ruines. Quand il voulut commencer à y toucher, il arriva un grand tourbillon de vent qui le projeta jusque sur le mur du Kianja (la Grand-Place au bord de laquelle a été érigé le Lapa). À partir de ce moment, il ne voulut plus y toucher. Le Lapa fut, cependant, détruit à ce moment.»
Et si nous parlons du Goliath de la contrée, appelé Rainimahazo C'est le successeur de Ramboavahiny, sorcier-devin d'Ambohi­dranandriana, originaire d'Ambatolevy, dans l'Imamo, là où Andriamasoandro-Be s'est installé en quittant l'Ankova au début du XVIIe siècle. Comme son prédécesseur, Rainimahazo « gardait le portail » avec une puissance et une force surnaturelles.
À preuve, du haut d'Am­batobe (qui fait partie du massif de l'Ankay ou Ankarana), la légende raconte qu’il aurait shooté dans un disque de pierre qui aurait atterri dans les rizières situées à 4 km en aval.
Il lui revient également de porter à la Cour d'Antananarivo le « vodihena » dû à la Reine. Il met une semaine pour faire l'aller et le retour à pied. Avant son départ, il avale toute la nourriture qu'il devra manger en chemin, soit 18 kg de riz et une moitié de porc.
De même, il tarit la source qui porte actuellement son nom (Ambohimahazo). Tout cela pour ne pas perdre de temps à s’arrêter pour manger et se désaltérer durant son voyage.
Rainimahazo se distingue enfin par son art d’abattre à mains nues les taureaux les plus indomptables qui tuent les « toreros » locaux.

Pela Ravalitera

Vendredi 21 decembre 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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