2013-02-08 À la découverte des grottes d’Ankarana

Publié le par Alain GYRE

À la découverte des grottes d’Ankarana

L’Ankarana, massif du Nord malgache situé entre Ambilobe et Anivorano, est un plateau karstique de forme triangulaire, couvrant une surface d’environ 15 km2.
À cœur de ce vaste plateau, quelques grandes grottes d’accès facile et aisément pénétrables sont connues depuis longtemps et « ont joué un rôle important dans l’histoire et les traditions antankarana». J. Radofilao de l’Université, alors Centre universitaire, d’Antsiranana précise : « De nos jours, pour le peuple islamisé, la coutume est en cours de disparaître et les chefs antankarana sont inhumés dans le cimetière proche d’Ambatoharanana (Anjam­bavola) où sont enterrés les membres des familles royales depuis Tsialana II, fils de Tsimiaro 1er ».
Un grand nombre d’autres cavités, d’accès difficiles celles-là dont l’exploration nécessite l’emploi de techniques spécialisées, sont restées longtemps inexplorées et aucune levée topographique de cavités ne semble être faite avant 1963. Cette année-là, Jacques Ours accompagné de G. Coquet commence à lever le plan de la vaste grotte d’Andrafiabe partiellement connue. À partir de l’année suivante, l’ASUM réalise dans l’Ankarana quelques expéditions dans le but de poursuivre l’exploration et la topographie des grottes.
À partir de 1971, faute de crédits, les expéditions sont arrêtées, mais J. Radofilao continue d’en faire seul ou avec des spéléologues individuels. En 1981 et 1982, l’Ankarana attire deux expéditions spéléologiques françaises « qui ont apporté une importante contribution à la connaissance des grottes».
À l’heure actuelle, les plus grandes cavités topographiées (à partir de développement en projection horizontale) sont Ambatoharanana (18 100 m), Andrafiabe (11 860 m), Ambatoanja­hana (10 875 m), Antsatrabonko (10 400 m), Milaiantety (8 540 m), Ampandriampanihy-nord (4 460 m), Andetabe (4 135 m), Ambarabanja (2 310 m), Anjohibefeka (1 900 m), Antsiroandoha (1 820 m), Ambiky (1 100 m), Antaninkatakatan’i Benaly (1090 m).
« Les plus vastes cavités correspondent aux circulations actuelles ou peu anciennes. Ce sont, en général, des grandes galeries (10 à 30 m de diamètre) avec peu de concrétions. Beaucoup d’entre elles suivent une direction Nord-est/Sud-ouest parallèle au Mur de l’Ankarana (Nord-ouest) et, beaucoup plus rarement, d’autres directions. Dans les galeries actives, l’eau est souvent profonde et il faut y naviguer ; les siphons n’y sont pas rares. La pente moyenne étant faible, l’écoulement des eaux est en général lent, mais on rencontre des cascades souterraines et des rapides dont le franchissement est difficile. Dans les galeries temporaires qui ne fonctionnent que lors des fortes pluies, il reste toute l’année des mares résiduelles profondes où il faut naviguer et sur lesquelles on peut aussi trouver des siphons. Les galeries peu actives sont soumises à un colmatage important par des alluvions entraînées de l’extérieur, ce qui explique la présence de volumineuses buttes d’argile qui arrivent à obstruer les galeries et qui ne peuvent pas s’expliquer par la seule dissolution des calcaires très purs ».
En revanche, les étages fossiles sont plus rares. Ils peuvent être tantôt grands, tantôt de dimensions réduites. Ces galeries sont souvent bouchées par la concrétion (stalactite ou stalagmite) ou pas des éboulis.
Lorsqu’une galerie arrive au bord de la falaise, d’une cassure ou d’un effondrement, il est aussi fréquent que l’orifice soit obstrué par un éboulis. Cependant, il y a des cas où les galeries sont actives et l’eau y dissout les blocs de calcaire.

Pela Ravalitera

Vendredi 08 fevrier 2013

Noyrd du passé

L’Express

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