2013-03-01 Des traitements et médicaments de plus originaux

Publié le par Alain GYRE

Des traitements et médicaments de plus originaux

Si nos ancêtres ont connu toutes sortes de plantes pour soigner les fièvres paludéennes, les maladies vénériennes, la gale, les maux d’estomac et troubles gastriques, la dysenterie, les maux causés par les vers intestinaux, les luxations, entorses et autres fractures, les maux de gorge, des yeux, l’asthme, la lèpre… ils ont su aussi traiter diverses affections.
Pour soigner celles dues à l’alcoolisme, par exemple, on boit des infusions de pignon d’Inde et de « sariesy », ou on chique les feuilles du premier et on se frotte avec un morceau du bois du second. Contre le « ramanenjana » (danse de Saint-Guy ), affection qui apparaît de temps à autre, les malades boivent une décoction de feuilles de « hasina ».
On ne peut non plus oublier des médicaments originaux mais qui s’avèrent de nulle valeur. Ainsi du « fandatsaka » (la rosée) qui consiste en « tainomby » (bouse de bœuf) délayé dans de l’eau et versé sur la tête des femmes dont l’accouchement est difficile.
Pour traverser une rivière infestée de crocodiles, les voyageurs appliquent un morceau d’écorce de « kasemba» sur une incision qu’ils se font, ou ils ne font qu’en lécher la racine.
En cas de fièvre, de névralgie, de piqûre d’insecte, le « tany malandy » (argile blanche) est employé en applications locales, surtout le visage, au front et aux joues.
La racine jaune du curcuma est utilisée comme remède contre la jaunisse. À moins que, conformément aux prescriptions du « mpisikidy », on boit une infusion de « tsikobokobondanitra » ou pourprier vulgaire; ou on s’induit la partie malade, ou simplement la figure, de « masonjoany », santal dont le bois pulvérisé sert à faire une pâte.
Le « sodifafana » dont on dispose en rameau avec quelques autres plantes dans un coin d’une maison nouvellement bâtie, assure une bonne santé à ses habitants.
Pour se mettre à l’abri des balles en temps de guerre, les combattants font bouillir les feuilles de diverses plantes qu’ils écrasent, arrosent d’huile de ricin et conservent dans un bout de corne suspendu à leur cou.
On raconte même que, pendant l’insurrection de 1947, les sorciers du Sud-est ont confectionné des talismans qui ont, prétendent-ils, le pouvoir de protéger les insurgés contre les balles, dont le plomb se transformerait en eau inoffensive.
Plus tard, dans leurs expéditions, les soldats merina emportent un rhizome de « sakarivo »- gingembre- qu’ils font bénir par les gardiens de l’idole Ikelimalaza et qu’ils gardent précieusement comme charme magique devant les préserver des dangers de la guerre.
Sous le seuil de la porte d’entrée de sa maison, on enfouit parfois des feuilles de papayer et d’« aviotra » qui, croit-on, feront tomber toute personne mal intentionnée à leur égard. Ici encore, tout au moins pour le Smilax sp, intervient la règle « similia similibus » : les aiguillons dont sont garnies les tiges de cette plante, accrochent et retiennent au passage les indésirables.
Les Sakalava croient aussi qu’un sorcier qui a dans la bouche des feuilles de « ramikebana », de « lengo-mahatsina », de « sahatra »… peut tuer les personnes auxquelles il adresse la parole.
Pendant la convalescence, pour éviter une rechute, on asperge l’individu avec de l’eau où l’on a mis à infuser une graminée, « ahibita ». Pour déterminer les maléfices d’un charme placé par quelque ennemi aux alentours d’une habitation, les Betsileo brûlent du bois d’« ambilazo », parfois avec de la racine du « boka ».
On peut se protéger contre les sorciers en se rinçant sept fois la bouche avec de l’eau dans laquelle on a râpé un peu de bois de « hazomanga », ou en avalant sept gorgées, ce qui représente une sorte d’exorcisme. Les amoureux de la région centrale emploient comme charme le « parakinamboa ».
Les Betsileo ont la coutume de faire manger des feuilles pilonnées de « vahivoraka » aux bœufs qu’ils viennent d’acheter afin, selon eux, de les débarrasser de l’esprit malin dont ils peuvent être possédés.
Dans le centre, on fait avaler par les taureaux de combat pour leur donner plus de fougue et de vigueur, de l’eau dans laquelle on met de la racine pilée de « fano » ou on leur donne à manger du « manilahy », ou du « saky », du « tsilavonandriana », plante aquatique qui ressemble à de la fougère, ou du « vahimavony».

Pela Ravalitera

Vendredi 01 mars 2013

Notes du passé

L’Express

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