2013-03-02 Transparence nécessaire sur les marchés

Publié le par Alain GYRE

Transparence nécessaire sur les marchés

La réorganisation des marchés dans tout l’Imerina et les régions limitrophes comme le Vakinankaratra et le Betsileo, s’accompagne d’une série de réglementations.
Andrianampoinimerina décrète qu’aussi bien sur les marchés quotidiens qu’hebdomadaires, l’emplacement de chaque catégorie de marchandises doit être bien distinct pour qu’elles ne s’empiètent pas, tout comme les marchands ne doivent pas se disputer les places bien situées, car d’accès facile pour la clientèle, la priorité revenant à celui qui s’y installe le premier (mahatsindry toerana).
Cette catégorisation des produits s’avère nécessaire pour faciliter le maintien de l’ordre, supprimer les marchands ambulants, mais aussi pour ne pas, en quelque sorte, mélanger les serviettes et les torchons.
Le souverain met particulièrement en garde les propriétaires des bestiaux contre la divagation de leurs animaux qui risquent de provoquer des accidents : leur emplacement, toujours à l’écart du marché, doit être respecté. Il en est également ainsi des menuisiers qui, s’ils déambulent avec leurs planches sur les épaules, peuvent blesser des gens.
De même, les marchands de marmites (en terre), lesquels en se mêlant à la foule, piègent (mamandrika) ceux qui, par mégarde, peuvent briser leurs ustensiles dont ils exigeront le paiement.
Règle générale aussi, les marchands doivent pratiquer des prix pondérés, ni trop chers ni trop bon marché. Car pour le roi dans le premier cas, nul ne pourra avoir accès aux produits vendus.
« Il ne sert à rien dans ce cas d’encombrer le marché ». Dans le second cas, il considèrera les marchandises comme isolées et « aussi bien le vendeur que l’acheteur seront coupables ».
D’ailleurs, aucun produit à écouler ne doit être caché sous le lamba ou sous l’étal ; encore moins être vendu sur parole (manao tondro-molotra), car la marchandise n’étant pas visible, c’est donc un marché de dupes. Quant au revendeur, il lui revient de calculer les prix qu’il veut afficher car « gagnant ou perdant, il aura à respecter l’accord passé avec son créancier ».
Dans toute tractation, dans toute opération commerciale, toutes sortes de balances sont utilisées, mais elles varient d’un utilisateur à l’autre, et leurs oscillations sont complètement déréglées.
En guise de poids, on constate des galets de différentes tailles sur lesquelles il est difficile de se mettre d’accord. Ce qui ne fait que provoquer des bagarres où la loi du plus fort s’impose.
Aussi le roi décide-t-il de créer la balance officielle, unique, avec des poids en fer.
Le fer est assuré par les Andriandranando, forgerons royaux qui ont déjà à leur actif la fabrication des armes et des outils.
L’utilisation de ces poids est assujettie à leur valeur correspondante. À commencer par l’unité de base « vary dimy venty » jusqu’à l’ariary, en passant par le « voamena », le « sikajy », le « venty », l’ « iraimbilanja »,le « kirobo », le « sasanangy » et le « loso »…
Ainsi, si on descend au-dessous du « voamena », on utilise des grains de riz en guise de poids, car ceux en fer pèsent si lourds que leur valeur monétaire en sont très élevées : avec cinq, on peut acheter un zébu dans le Betsileo.
De même, le « menalefona », le « vata » de mesure de riz, est aussi lancé sur le marché pour remplacer celui, plus petit, d’Andriam­belomasina.
Quant aux mesures linéaires, dorénavant on applique le « refy», le « zehy », le « dia », le « vehana » et le « anky » en fonction de la longueur des objets ou du sol à mesurer.
Auparavant, on a employé une branche d’arbre, mais précise le souverain, « elle risque de se briser et de provoquer un conflit.
Le zehy et le dia, par contre, dépendent des personnes immédiatement concernées ».

Pela Ravalitera

Samedi 02 mars 2013

Notes du passé

L’Express

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