2013-03-05 Analamanga, objet de luttes acharnées

Publié le par Alain GYRE

Analamanga, objet de luttes acharnées

 «Lumière : Cette ville lointaine aux murailles de rose que le soleil austral empourpre de ses feux… » (Pierre Camo).
« Rêverie et action : Tananarive, belle entre les belles, je salue en toi une ville où le rêve et l’action se trouvent dans leurs aises, et l’une des plus heureuses réussites de la communauté humaine… » (Maurice Bedel).
« Grandeur : Tananarive, vaste cité révélant par son originalité impérieuse la puissance d’une authentique civilisation et, par sa grandeur, par la multiplicité des quartiers toujours en construction, une importance qu’ont déterminé toutes les conditions… » (Marius-Ary Leblond).
Il y a longtemps, très longtemps, des navigateurs malayo-polynésiens sont jetés accidentellement ( ) sur les côtes de Madagascar. Selon certains historiens, ces habitants de l’Ankova aux yeux allongés et bridés, aux pommettes saillantes, aux cheveux noirs et lisses et au teint cuivré, font souche dans la Grande île et vont y engendrer la race des chefs qui étendra sa domination sur les Hauts-plateaux (lire Notes des 26 et 27 février).
Sur ces terres aux contrastes saisissants, ils choisissent, d’après la tradition, pour premier établissement, le petit pays d’Aneri­nerina. On les retrouve plus tard à Ampandrana, puis à Imeri­manjaka.
Alors dans une marche circulaire de conquêtes, tout autour du futur emplacement d’Anta­nanarivo, ils fondent successivement des postes fortifiés sur des buttes qui portent les noms d’Alasora, Ilafy, Ambohi­drabiby, Ambohidratrimo et Ambohi­manga, leur avant-dernière station.
Une enceinte de palissade, de pisé ou de blocs superposés, souvent doublée de fossés, constitue le Rova, le village féodal. Des portes de bois ou de granit devant lesquelles on roule une énorme pierre circulaire donnent accès à ces refuges gardés par des vigiles.
Car, étrangers au pays, envahisseurs décidés mais conquérants peu nombreux, les Hova ont à lutter contre les premiers possesseurs du sol, les Vazimba. Et pour se défendre contre leurs représailles que la légende dépeint terrifiantes, les nouveaux venus s’établissent sur les crêtes des campements faciles à préserver. « Aussi, un même mot, Vohitra, désigne-t-il maintenant le mont et le village ».
La plus haute des Douze collines qui dominent les plateaux- elle culmine à 1 468 m- porte alors le nom d’Analamanga, « la forêt bleue » ou « au bois joli ». Outre son altitude, sa position est d’autant plus forte qu’un abrupt d’une centaine de mètres rend son versant occidental inaccessible.
Analamanga, avec le ravin d’Ambatoborondamba (la roche où le lamba se déchire) justifie le choix de cette forteresse naturelle pour citadelle par les roitelets vazimba, puis pour capitale pour les rois merina.
De surcroît, ce même roc domine et commande la plaine fertile où coulent l’Ikopa, la Mamba et la Sisaony, le Betsimitatatra qui forme des milliers d’hectares de bons terrains propres aux cultures et aux rizières.
« On comprend alors la singulière attraction que ce mont Anala­manga, que l’on aperçoit de cinq lieues à la ronde, a exercé pendant deux siècles sur les Merina, de même que s’expliquent les luttes parfois acharnées qui se livrèrent pour sa possession ».
L’histoire d’Antananarivo est celle de la conquête d’Anala­manga, de l’organisation sur ce rocher d’une citadelle aux sept portes, enfin du débordement sur les collines et les plaines voisines de cette cité devenue insuffisante, « puisque sa situation centrale lui donnait vocation de capitale de l’Emyrne et, bien au-delà, de métropole de la Grande île ».

Pela Ravalitera

Mardi 05 mars 2013

Notes du passé

L’Express

Publié dans Notes du passé

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