2013-03-06 Andrianjaka débute l’assèchement des marais

Publié le par Alain GYRE

Andrianjaka débute l’assèchement des marais

L’histoire d’Antananarivo est marquée par le fait que les progrès de l’agglomération urbaine vont de pair avec un immense labeur de défrichement, d’assèchement des marais et d’implantation des rizières. Cette œuvre entreprise dès la fondation de la cité, se poursuit par la création d’un réseau de communication qui institue Antananarivo comme centre de gravité de Madagascar.
La tradition attribue la fondation d’Antananarivo à Andrian­jaka, seigneur d’Alasora et d’Ambohidrabiby que les historiens font régner de 1610 à 1630. Les « Tantara ny Andriana eto Madagascar », histoire orale des seigneurs de l’Emyrne recueillie par le RP Callet, rapportent « qu’en ce temps-là, Andrianjaka alla vers le Sud pour prendre Analamanga- la-Sainte, afin d’y habiter et pour combattre les Vazimba d’Anala­manga ». Il campe avec ses troupes à Ambohitsiroa et prononce, selon la même légende, ces paroles mémorables : « Nous ne pouvons pas être deux », montrant qu’il est le maître sans partage de la conquête entreprise.
« Et lorsque les Vazimba virent la fumée des multiples feux, ils s’enfuirent, découragés…. Cela fait, le prince pensa coloniser le haut de la ville ; alors il établit là 1 000 hommes comme colons. Donc, c’est ici Antananarivo, la cité des Mille, dit Andrianjaka ».
C’est l’étymologie traditionnelle de la ville. Pourtant, certains la contestent et traduisent ce nom par « mille villes » ou « ville des mille villages ». Ils soutiennent cette thèse par le fait que le mot « arivo » (mille) a la valeur d’un augmentatif, souvent utilisé en malgache dans les noms de lieux, de personnes et dans les locutions proverbiales. Ainsi, Antananarivo signifierait alors tout simplement « la grande ville ». « Ce qu’elle est effectivement aux yeux des paysans des Hauts-plateaux ».
De plus, « L’histoire des comptoirs hollandais sur la côte de Malabar » de Fr. Valentin, éditée en 1726, raconte qu’il existe au début du XVIIIe siècle, à quelques milles de l’estuaire de la Betsi­boka, une ville d’Antananarivo, « capitale d’un vieux roi sakalava, dont la domination s’étendait sur les trois quarts de l’île de Madagascar ».
En tout cas, depuis Andrian­jaka, Analamanga prend le nom d’Antananarivo. Outre la cons­truction du mausolée royal Fito­miandalana, parmi les choses remarquables qu’il accomplit, il y a le commencement des travaux de digues sur les bords de l’Ikopa, pour obtenir le Betsimitatatra (la digue d’Ankadimbahoaka, au sud de la ville date de son règne). Ces travaux intensifient le peuplement de la cité qui prend consistance de centre politique et économique.
« Mais ce qui mit le comble à sa gloire, ce fut d’avoir pu se procurer 50 fusils et trois barils de poudre (le fusil était déjà connu en Imerina du temps d’Andriamanelo- son grand-père -, mais sans doute encore à l’état de chose rare)» (Régis Rajemisa-Raolison).
Le premier Européen qui visite Antananarivo et qui semble être le Français Mayeur, y arrive en 1777. Il est le premier à en parler. La ville, par la construction des maisons, par ses métiers, ses artisans et son organisation politique suscite de sa part de l’admiration. « Les Européens qui fréquentent les côtes de Madagascar auront de la peine à croire qu’au centre de l’île, à 30 lieues de la mer, dans un pays jusqu’à présent inconnu qu’entourent des peuplades brutes et sauvages, il y a plus de lumières, plus d’industrie, une police plus active que sur les côtes… Aucune peuplade de Madagascar n’a autant d’intelligence naturelle, ni autant d’aptitude au travail… Les Hova tissent avec art des étoffes de coton, ils travaillent le fer avec habileté, fondant le minerai qui est abondant dans le centre de l’île, forgeant des haches, des bêches, des couteaux… »
Selon d’autres historiens, près d’un siècle de paix relative, aurait assuré une primauté définitive à Antananarivo, si le royaume n’est pas divisé, début XVIIIe siècle, entre les quatre fils d’Andriamasi­navalona. « La rupture de l’unité enleva à Tananarive son rôle de premier plan ». Mais elle le retrouvera quatre-vingt-dix ans plus tard, grâce au jeune Imboasalama d’Ambohimanga, devenu le grand monarque Andrianampoinimerina.

Pela Ravalitera

Mercredi 06 mars 2013

Notes du passé

L’Express

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