2013-03-09 Les principaux quartiers de la vieille cité

Publié le par Alain GYRE

Les principaux quartiers de la vieille cité

Avant la conquête, Antananarivo est constituée par les anciens quartiers, ceux d’Analamanga jusqu’à fin XVIIIe siècle, et la nouvelle à partir d’Andria­nampoinimerina.
Andohalo, centre de l’enceinte fortifiée de la vieille cité, a une double signification. La racine « alo » qui n’est plus usitée en Imerina, veut dire « vallée » en pays betsimisaraka.
E. Baudin et J.J. Rabearivelo (« Tananarive, ses rues et ses quartiers ») préfèrent traduire « alo » par « palier entre les côtes qu’il faut monter de partout, d’une part, pour arriver à Andohalo et, d’autre part, pour continuer jusqu’au Rova ». D’anciens canons de la royauté ont été enterrés par la bouche dans cette dernière montée après la conquête française.
En poursuivant la route vers le Rova, se trouve le quartier d’Ambatobevanja que d’autres dénomment Ambatonibehavanja. Toujours selon les deux auteurs, le nom d’Ambatobevanja signifie « à la pierre où il y a beaucoup de poudre », dans le sens « pour laquelle il a fallu beaucoup de poudre pour la faire sauter ».
D’autres veulent voir dans ce nom celui d’une ancienne poudrière. « Dans ce cas, ceux qui ont vendu la poudre n’auraient pas prévenu les acheteurs du danger que ferait courir à tout un quartier la construction, en pleine ville, d’une poudrière en pierre ! »
L’ancien ministre Andrimifidy qui vit longtemps dans le quartier, pour sa part, estime que son appellation est Ambato­nibehavanja (la pierre de Rabehavanja).
Puis vient Ambatondrafandrana, à la pierre de Rafandrana. Ce dernier serait le roi vazimba qui règne à Analamanga (devenu Antananarivo) quand le roi de l’Ankova Andrianjaka prend la ville. Mais on ignore où s’est trouvée la pierre, le quartier étant surtout connu par la présence du Palais de justice royale.
Plus tard, Rafandrana aurait habité à Ampandrana, d’où le nom de ce quartier situé en aval de Faravohitra.
À l’ouest du Rova, il y a Andrefandrova. C’est le quartier des descendants du Premier ministre Rainilaiarivony.
Au sud, se situent Atsimondrova et Ankaditapaka (au fossé, ou ravin, coupé). C’est une interruption dans le grand fossé qui entoure Antananarivo. D’Ankaditapaka, on peut jouir du plus beau panorama sur l‘immense plaine de rizières du Betsimitatara, à l’ouest et au pied de la Cité des Mille. Toujours vers le sud du Rova, se trouve Ambohimitsimbina, « le quartier de la considération » ou « le quartier où il faut faire attention ».
Suivant une légende datant du règne d’Andrianampoinimerina, c’est là que les condamnés à mort, durant leur marche au supplice, sont parfois rejoints, suffisamment à temps pour entendre annoncer que le roi leur fait grâce, « en considération du recours présenté par son conseiller Hagamainty dit Mpamelona (celui qui fait vivre) ».
En allant toujours vers le sud, on arrive à Ambohipotsy, dernière destination des condamnés à mort. Car pendant très longtemps, c’est à Ambohipotsy qu’on exécute les sentences de mort. « C’est à l’amoncellement de tous ces ossements qui sont entraînés par les pluies après avoir été rongés par les oiseaux
de proie, qu’est dû le nom de colline ou endroit blanc ».
Plus tard, le lieu d’exécution est transféré à Ampamarinana et même à Faravohitra. Le missionnaire anglais Ellis, à Madagascar sous le règne de Ranavalona 1ère et de son fils Radama II, écrit sur ce quartier : « On peut encore y voir les ruines d’une forteresse en pisé autour de laquelle subsistent des traces de sentier interrompu par des fondrières. Plus loin, un fossé d’un mètre de largeur sur un peu plus de profondeur, défend l’accès de la colline, au sud ».
Ce quartier d’Ambohipotsy constitue l’extrémité sud de l’ancienne Antananarivo.

Pela Ravalitera

Samedi 09 mars 2013

Notes du passé

L’Express

Publié dans Notes du passé

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