2013-03-12 Des quartiers aux noms pleins d’histoire

Publié le par Alain GYRE

Des quartiers aux noms pleins d’histoire

Les nouveaux quartiers de la cité des Mille naissent avec le développement de la ville qui se fait d’abord vers le nord, la route d’Ambohimanga. D’Ambohijatovo, le quartier de la jeunesse, on arrive à celui de Faravohitra, la dernière butte ou le dernier village. Ce quartier se distingue par le temple protestant érigé à la mémoire des quatre chretiens brûlés le 28 mars 1849: Andriantsilavo, Ramitraho, Andriampaniry- tous trois de la caste noble Andria­masinavalona- ainsi que la femme du dernier, Ramanandalàna. Détail horrible, enceinte, celle-ci accouche dans les flammes. En même temps qu’eux, on en exécute 14 autres en les pré­cipitant du haut du rocher d’Ampamarinana.
Puis, c’est le quartier d’Antani­nandro (en plein soleil) et Andravoahangy (qui appartient à Voahangy). D’après E. Baudin et J.J. Rabearivelo (« Tananarive, ses rues et ses quartiers »), Voahangy est le nom de l’orange et, par extension, on s’en sert également pour désigner le corail rouge.
Dans le « Tantaran’ny Andriana eto Madagascar » du RP Callet, il est écrit que Ravoahangy serait une ancienne reine vazimba. C’est dans ce quartier, entre autres, que se seraient retirés, d’accord avec le conquérant d’Antananarivo, les descendants des rois vazimba d’Analamanga vaincus par les Hova.
Du mirador d’Ambohijatovo, on peut aussi descendre jusqu’à Ambondrona, « nom de la massette ou jonc de la passion dont on extrait de la potasse », définissent les RP Malzac et Abinal. C’est dans ce quartier que s’est fabriquée, jadis, la poudre pour les fusils. Ambondrona est concédé par Ranavalona 1ère à des familles qui appartiennent aux trois castes hova d’Avaradrano, issus d’Ambohidrabiby, d’Ambohi­manga et d’Ilafy.
Si on continue toujours à descendre, avant d’arriver à Antani­nandro, on s’incline vers la gauche et c’est alors le quartier de Tsiazotafo (qui n’a pas touché, qui n’a pas atteint le toit).
Une légende rapporte que, quelque temps après la construction de ce quartier, un violent incendie le détruit complètement… sauf cependant la case habitée par un sorcier fameux, dont le toit, quoiqu’en paille, serait resté intact. De là, le nom « au toit épargné ».
Puis c’est le quartier de Behoririka, où il y a « des feuilles de songes, arum ou gouet comestible, colocacia », précisent Baudin et Rabearivelo. Il est l’un des quartiers habités par les maraîchers malgaches.
Immédiatement après Behoririka, c’est le quartier de Soarano (belle ou bonne eau). Le nom semble « un euphémisme puisque à l’époque, c’était un vaste marais d’eaux stagnantes, dont il subsiste encore d’ailleurs des traces visibles ». En revenant à Antaninandro, on rejoint Soarano par les quartiers d’Ambato­mitsangana, Ankadifotsy et Antanimena.
Ambatomitsangana a certainement une pierre dressée en cet endroit, mais dans le « Tantaran’ ny Andriana », à l’occasion de quel évènement ou à la mémoire de quel personnage, une pierre- qui n’existe du reste plus- y aurait été dressée.
Ankadifotsy (le ravin ou fossé blanc) gagne sans doute son nom par opposition à la couleur rouge de la terre qui a donné son nom au quartier voisin, Antanimena. Celui-ci a une grande renommée. La majeure partie appartient à la famille du fils aîné de Rainiharo sous Ranavalona 1ère. Ce fils, Raharo, Premier ministre également à la mort de son père, est ensuite « dépossédé, exilé, puis supprimé par son frère cadet, le fameux Rainilaiarivony ».
C’est surtout sous le fils de Raharo, Ravoninahitriniony, qu’Antanimena est le théâtre non seulement d’un faste inouï, mais aussi, dit-on, des pires cruautés.
« Ne raconte-t-on pas que Ravoni­nahitriniony, après avoir festoyé avec de nombreux amis, dont le prince Rakotomena, neveu de Ranava­lona III, aurait jeté un esclave en pâture à un énorme caïman qui habitait le lac de la propriété »

Pela Ravalitera

Mardi 12 mars 2013

Notes du passé

L’Express

Publié dans Notes du passé

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