2013-03-27 Antaninarenina, un quartier des plus actifs

Publié le par Alain GYRE

Antaninarenina, un quartier des plus actifs

Faute de place pour construire dans la vieille cité, en quête d’espace, la capitale descend de son rocher. Elle se tourne surtout vers le Nord-ouest, Antaninarenina et ses alentours, où se voient des terrains plats qui se prêtent aux œuvres de l’urbanisme et auxquels on accède à de vieux quartiers par les pentes les moins escarpées. « C’est là que passait le chemin conduisant du Rova à la ville sacrée d’Ambohimanga et aussi à Majunga. C’est aussi là que se trouvait déjà le Palais du gouverneur général, que se tenait le grand marché, que les premières maisons de commerce européennes s’étaient
installées avant la conquête » (Revue de Madagascar spéciale, « Tana­narive », MCMLII).
Le choix que l’on fait de l’emplacement de la gare est un attrait encore plus puissant. Après diverses spéculations, on se décide pour le vallon d’Analakely qui s’élargit progressivement vers le nord-ouest entre les collines d’Ambondrona-Antanimena et d’Isoraka-Isotry. Antaninarenina qui refoule le grand marché dans le vallon, est, dès lors, désigné comme le centre de la vie administrative et des affaires. Les hôtels et les restaurants descendent de la vieille cité, les grandes maisons de commerce construisent ici magasins et entrepôts.
Toutefois, les fonds d’Anala­kely, naguère couverts de rizières et parfois « submergés sous une couche d’eau assez épaisse pour qu’on pût aller en bateau jusqu’à Ivato »,
se peuplent moins vite. Le quadrillage des rues ne traverse
encore que des terrains vagues entre le marché et l’emplacement de la grande gare, remblayé aux dépens du promontoire rasé d’Antanimena. La gare de Soa­rano n’est ouverte à l’exploitation que le 21 novembre 1910.
C’est alors que les blocs du bas-quartier d’Analakely commencent à se remplir. En 1915, l’actuelle avenue de l’Indépen­dance a déjà ses massifs de verdure, mais n’est pas encore bâtie ; pas plus que l’avenue Andria­nampoinimerina qui prolonge au sud de Soarano la route de Mahajanga. Mais sur la façade sud-ouest de l’actuelle Place de l’Indépendance à Antaninarenina se groupent, à côté de la Poste déjà installée, plusieurs bâtiments très fréquentés : le Comptoir national d’escompte auquel naguère le gouvernement royal a dû faire un prêt, les bureaux du Trésor descendus de la vieille ville, ceux des Mines et des Domaines…
L’afflux des Européens et des Malgaches détermine, dès le début du XXe siècle, une grave crise de logement, bien que 8 806 permis de construire soient délivrés de 1896 à 1903. Dès la fin du XIXe siècle, la circulation devient plus active. Début 1898, Antananarivo compte une quarantaine de charrettes à bœufs, une voiture de plaisance, une douzaine de bicyclettes dont la première apparaît à Andohalo en 1896. Début 1902, les citadins malgaches en ont plus de 200. Et avant 1914, ces divers véhicules ainsi que les pousse-pousse, puis les automobiles se multiplient. La liaison entre les quartiers neufs et ceux de la vieille cité commence à poser de difficiles problèmes.
On perfectionne sans cesse le boulevard circulaire où dès 1898, le général Gallieni fait sa promenade quotidienne à bicyclette ou sur l’auto qu’il pilote lui-même, entre le lac Anosy et la pointe sud de Soanierana, à Ankadim­bahoaka. On le prolonge ensuite vers le nord pour contourner le promontoire d’Isoraka au-dessus du lac.
Ce qui permet d’ouvrir ce quartier resté inaccessible aux voitures ainsi que celui d’Isotry qui se peuplera rapidement autour du tombeau de Rainiharo.
Les piétons affluent directement sur le grand marché d’Analakely par les larges escaliers d’Ambondrona et d’Antani­narenina, mais les routes carrossables doivent contourner ou escalader les collines aux prix de durs efforts pour les attelages humains ou animaux, de lourdes dépenses en carburant et d’une usure excessive pour les autos.
L’intérêt des voies à niveau par tunnel est reconnu de bonne heure. Le premier tunnel, Hubert-Garbit, sera creusé de 1914 à 1924.
« Épargnant aux véhicules les pentes et les courbes de la colline d’Ambato­nakanga, il relie directement les quartiers d’Analakely et de Mahamasina et permettra l’aménagement des terrains libres sur les rives orientales du lac Anosy ».

Pela Ravalitera

Mercredi 27 mars 2013

Notes du passé

L’Express

 

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