2013-03-28 Les travaux d’urbanisme de la capitale, une tâche ardue

Publié le par Alain GYRE

Les travaux d’urbanisme de la capitale, une tâche ardue

Depuis la Première guerre mondiale, Antananarivo affirme toujours davantage sa prépondérance économique et politique dans la Grande île. Le réseau ferroviaire qu’elle commande n’est plus étendu, mais les tracés améliorés et l’exploitation perfectionnée permettent des transports plus rapides: début 1933, la mise en service d’une automotrice réduit de dix heures la durée de l’ascension de Toamasina à Antananarivo.
En même temps, la capitale devient le centre « d’une belle étoile de routes, le zéro kilométrique de la plupart des chaussées carrossables de l’île » (Charles Robequain, « Tananarive, une capitale montagnarde en pays tropical »).
La population s’entasse dans les quartiers déjà habités à la fin du XIXe siècle. Beaucoup de familles merina, Andriana et Hova, lotissent pour mettre en vente leurs domaines ou construisent des immeubles pour vivre des bénéfices de la location. Les anciens hameaux nichés au-dessous du Rova, dans les ravins (hady), tendent à se rejoindre en utilisant le moindre replat naturel ou artificiel.
Les maisons se multiplient aussi sur les versants orientaux de la croupe de Fara­vohitra. Mais c’est autour des bas-fonds d’Analakely et de la gare que les constructions prolifèrent le plus.
«Cet entassement rapide et désordonné des hommes dans un réseau trop lâche de voies publiques, complique terriblement la tâche des urbanistes, déjà mise à rude épreuve par les caractères même du site. La distribution de l’électricité, de l’eau potable, l’établissement du réseau d’égouts posent des problèmes difficiles».
La distribution de l’électricité et de l’eau est concédée au début du siècle à une société anonyme métropolitaine avec un privilège exclusif pendant cinquante ans. Elle confie les travaux à une entreprise parisienne qui les commence en 1906. Un barrage de 170 m est établi sur la Varahina, affluent de l’Ikopa, à une dizaine de kilomètres de la gare la plus proche sur la ligne de Toamasina. Le transport des matériaux et des grosses machines se fait assez facilement : l’usine électrique est achevée fin 1909 et les lampes à incandescence remplacent les réverbères à lampe à pétrole, se multiplient dans les grandes rues, puis dans les voies secondaires, tandis que le nouveau mode d’éclairage se répand peu à peu chez les Malgaches.
De nouvelles possibilités sont données par le grand barrage de Mantasoa, construit surtout pour l’irrigation du Betsimitatatra et achevé en 1939.
L’apport et la distribution de l’eau potable sont plus malaisés. La vieille ville s’est ravitaillée à des puits peu profonds au pied des collines et alimentés par des résurgences ou des suintements, notamment à Ambanidia et Mahamasina. Les techniciens songent d’abord à dériver les eaux de source du massif d’Anjeva, mais elles ne sont pas assez pures ; puis à la nappe souterraine des environs d’Ambanidia, mais elle n’est pas assez abondante. Finalement, ils choisissent le lac de Mandroseza et le 1er janvier 1911, l’eau parvient aux premières bornes-fontaines.
Parallèlement, le service d’enlèvement des ordures ménagères, par traction animale ou automobile, fonctionne convenablement dans les quartiers neufs et le long des voies carrossables. En revanche, la collecte est malaisée dans les blocs d’habitat populaire desservis par des ruelles tortueuses, des impasses, des escaliers.
« Les espaces étroits qui subsistent entre les murs des maisons, sont bien souvent des réceptacles d’immondices, foyers à mouches. Cette difficulté se retrouve dans le problème des égouts qui reste le plus compliqué, le plus grave pour l’avenir de Tananarive. Mais le problème de l’évacuation des eaux- eaux du ciel, eaux usées- est plus embarrassant encore que celui de leur collecte. Dans le vieux Tananarive, les pluies étaient le plus grand balayeur des détritus accumulés pendant la saison sèche. Les principes de l’hygiène moderne n’admettent pas qu’on s’en rapporte à elles. Leur écoulement même est une cause de souci ».

Pela Ravalitera

Jeudi 28 mars 2013

Notes du passé

L’Express

 

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