2013-04-04 Des mesures adéquates pour relancer l’économie

Publié le par Alain GYRE

Des mesures adéquates pour relancer l’économie

La quinzaine impériale française, organisée à Paris en 1939 avec « 5 kilomètres de vitrine », est sans doute la première manifestation internationale qui permet à la Grande île de démontrer à quel point elle participe à l’essor économique de la Métropole de l’époque, par ses richesses.
Pour Jean Manicacci, cela est dû « à un plan d’ensemble qui a été admirablement conçu », tout en précisant que « d’autres, devant des résultats qui témoignent d’une incontestable réussite, pensent retrouver dans le passé les signes d’un tel succès ».
Occupée en 1895, Madagascar exporte dès l’année suivante pour 3 600 000 francs de produits. Pourtant, jusqu’en 1908, sa mise en valeur rencontre des difficultés telles que Paul Leroy-Beaulieu en arrive à douter de l’avenir de la Colonie, comme il l’écrit dans « L’Éco­nomiste français ».
« Madagascar n’a pas répondu jusqu’ici aux espérances que l’on avait fondées sur elle bien avant la conquête ». En 1900, le café, par exemple, ne fait l’objet d’aucune transaction et la récolte de l’année suivante ne sert qu’à la consommation locale. « Trente-sept ans plus tard, la Colonie en expédie 41 204 tonnes », indique pourtant Jean Manicacci.
Pendant les premières années de la colonisation, le mouvement commercial se maintient aux environs de 50 millions avec des exportations qui restent faibles; en 1938, il est de 1 420 millions. Ceci parce que de 1901 à 1903, une crise sévit dans la Grande île qui entraîne de nombreuses faillites, suscitant un malaise nuisible à son développement.
D’après Jean Manicacci, « les Malgaches ne comprennent pas (ou s’y refusent) que leur concours est absolument indispensable aux colons ou commerçants ».
Gallieni s’en inquiète : « Mais que dire de l’activité des indigènes, sinon qu’elle est absolument insuffisante eu égard aux richesses qui s’offrent à leur exploitation Comment ne pas éprouver un sentiment de regret à l’aspect de ces ressources naturelles que l’insouciance et la paresse de nos sujets laissent improductives » Ce que le gouverneur général ne précise pas, est qu’à cette époque, l’île a une très faible densité humaine (6,4 h/km2). De ce fait, elle manque de main-d’œuvre, surtout si les exploitations européennes et le paysannat local se développent en concurrence.
Par la suite et ce, malgré les cyclones qui ravagent à différentes reprises le pays et malgré la crise de 1929 dont les effets persistent jusqu’en 1935, la situation s’améliore.
« Le colon a continué sa tâche avec le courage et la ténacité du paysan de France. Il entraîne le Malgache, lui procure du travail, lui crée des besoins, prêche l’exemple. L’Administration locale ne reste pas non plus inactive ».
Aussi la production exportable de 13 026 tonnes (environ 5 millions de francs) en 1898, atteint-elle en 1938, 277 668 tonnes (plus de 824 millions de francs).
Dans ces exportations, les produits agricoles et d’élevage occupent une part importante : 81% en 1937, 82% en 1938. Il en résulte que le pays, agricole par excellence, se trouvera dans son évolution matérielle par l’état et le développement de son agriculture.
De même, toujours à la même époque, mais au niveau impérial, surtout devant la menace de guerre, il est question de « l’urgence d’instaurer un circuit, si besoin autarcique, qui satisfasse tout d’abord l’intérêt national (…) qui se base sur un pacte colonial, un pacte d’union totale… ».
Dès lors, une politique économique, étroitement adaptée aux contingences locales, est instaurée et poursuivie : la recherche d’une meilleure qualité des produits et des lois rigoureuses de la concurrence pour protéger la production métropolitaine.
Ainsi des types-standards pour un certain nombre de produits sont prescrits « et l’on reconnaît volontiers que la vanille notamment doit en partie ses hauts cours à la standardisation ».
Auparavant, en 1934, contre les cyclones et leurs dégâts, une Caisse de prévoyance agricole est installée et aussitôt près de 4 millions sont avancés aux planteurs de caféiers, victimes des sinistres, en guise d’appoint à l’aide du Crédit agricole pour l’œuvre commune de restauration et de mise en valeur.

Pela Ravalitera

Jeudi 04 avril 2013

Notes du passé

L’Express

 

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