2013-04-12 Andriaparipa, théâtre d’affrontements meurtriers

Publié le par Alain GYRE

Andriaparipa, théâtre d’affrontements meurtriers

Tout commence un jour du mois de juin 1883. Venant d’Ambohimarina où se trouve la caserne merina, des Antankarana rentrent à Ambilobe, escortés par dix soldats merina. D’après le chercheur Clément Tsimisoma, en cours de route, les Antankarana en massacrent neuf, épargnant le dernier pour qu’il puisse avertir son chef Rasamiseheno. Devant cet acte de provocation, ce dernier envoie deux émissaires à son homologue de Vohémar, Ramarosehanina, qui a sous ses ordres- « chose surprenante »- 2 000 soldats originaires des Hauts-plateaux prêts à combattre les Antakarana.
En juillet 1883, les hommes de Rasamiseheno et ceux de Ramarosehanina se donnent rendez-vous à Ambilobe pour entrer en guerre contre les autochtones. « L’espion itinérant du roi antankarana nommé Barakasy, déjà informé par Andriampisôra, avertit l’état-major de Tsialana II ». À cette époque, Miaragna est le seul général de l’armée antankarana et assure, de ce fait, la fonction de chef d’état-major.
Le quartier général antankarana est alors transféré d’Ambilobe à Ambatoharanana et avant l’arrivée des soldats merina de Vohémar, les troupes militaires locales campent sur le plateau situé au sud du Lac Sacré, Antagnavo. De surcroît, les hommes d’Ambohimarina doivent également y passer pour aller à Ambilobe.
Le général Miaragna divise son armée en trois régiments de 2 000 hommes chacun. Le premier, commandé par le colonel Mahatafa, stationne au sud du Lac Sacré. Le deuxième s’installe près du village de Tsarabikany, sous le commandement du colonel Tsikoriko. Et le troisième régiment, à Andrafiabe-Ambatoaranana, est dirigé par le colonel Ndrasagna.
Le 2 juillet 1883, au petit matin, le voltigeur Jaokely sonne le « tandrokaka », une trompette d’alarme annonçant l’entrée en guerre. Pour la petite histoire, c’est une corne d’antilope offerte par le sultan de Zanzibar. Ne se doutant pas de la présence des troupes ennemies, les soldats d’Antananarivo traversent le plateau et se trouve face à leurs ennemis. La guerre éclate, puis prend de l’ampleur au bout de deux jours. Des morts et des blessés gisent partout.
Le colonel Mahatafa emploie un stratagème. Ses soldats battent en retraite et se retirent un peu plus vers l’Ouest pour faire la fusion avec les soldats du colonel Tsikoriko. Les soldats merina au nombre de 2 000 ou plus semblent remporter la victoire, ignorant que les Antankarana attendent du renfort de Vohémar.
« Sur le plateau d’Andriparipa, le combat s’intensifia. Un officier merina fut blessé et transporté par ses soldats à l’abri, au bas d’un talus. Voulant capturer cet officier ennemi blessé, le capitaine Kôtozandry dit Marchand, couvert par ses soldats, passa à l’assaut. Ce capitaine antankarana tomba sous une balle ennemie. Il mourut, mais la guerre continua ».
À l’arrivée à Andrafiabe-Ambatoharanana, à l’ouest du plateau de l’Ankarana, le combat fait de nouveau rage. L’effectif merina est réduit pour ne constituer que la moitié de celui des Antankarana. Les soldats d’Antananarivo s’enfuient, abandonnant sur le champ de bataille leurs morts et leurs blessés. De leur côté, les espions Barakasy et Satragna recensent les morts et blessés antankarana pour en faire le bilan au chef d’état-major.
« Pendant ce temps, les Français fournissaient régulièrement des armes et munitions aux Antankarana… C’est le Français Kerpel qui était chargé de fournir de la poudre à l’armée antanka­rana ».
Pour le roi Tsialana II, la victoire est assurée. En ce mois de juillet 1883, à cause d’un amas de cadavres, la localité au sud du Lac Sacré est baptisée Marotaolagna (beaucoup d’os), tandis que le plateau situé à l’est du village de Tsarabikany, devient Andriparipa, de « miripadripaka » mourir en grand nombre.

Pela Ravalitera

Vendredi 12 avril 2013

Notes du passé

L’Express

 

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