2013-04-22 La mise en place de la colonisation dans le Nord-ouest

Publié le par Alain GYRE

La mise en place de la colonisation dans le Nord-ouest

Le 9 mars 1896, juste avant l’annexion, le Parlement français vote deux lois. La première porte sur le régime de la propriété foncière et la seconde, sur le régime des concessions. Mois par mois, le général Joseph Gallieni est informé du déroulement des reconnaissances et explorations entreprises à travers l’Île.
Dans son ouvrage, « Ambalavelona ou l’insurrection anticoloniale dans le Nord-ouest de Madagascar en 1898 », Cassam Aly Ndanda­hizara, très attaché à l’histoire de son pays, en cite quelques exemples, notamment dans les provinces de Nosy Be et Vohémar.
Le nord de la province de Nosy Be est limitée par la mer, la montagne d’Ambre, la baie de Bekopaka, et par le fleuve Mananjeba. Cette région est à peu près inconnue. En revanche, plus au sud, les vallées de la Mananjeba, de la Mahavavy, de l’Ifasy, du Sambirano et son affluent le Ramena, ont déjà quelques points placés sur les cartes.
Néanmoins, les levés topographiques de l’Ifasy dans la partie supérieure de son cours n’ont pas encore été réalisés. De même, les lignes de partage de ces différents bassins et de leurs affluents restent à déterminer. « Le plus grand vide de la carte était limité au Nord par le cours de l’Ifasy, à l’Est par la Mahavavy, au Sud par la Maevarano et à l’Ouest par le Sambirano. »
Enfin, tout le pays entre la Maevarano au Nord, la Sofia au Sud, la ligne de partage de deux versants de l’île à l’Est et la mer à l’Ouest, n’est traversé que par quatre itinéraires de directions différentes et séparés par des distances telles que leurs lignes orographiques ne se rejoignent pas et ne peuvent, par la suite, être utilisées pour un travail d’assemblage.
Dans la province de Vohémar, seule la côte est exactement placée sur les cartes. Les rivières importantes, telles que le Bemarivo, le Lokoho et la Mananarabe, ne sont que « très imparfaitement connues » dans leur cours supérieur.
Quant aux autres, les renseignements existants ne concernent que leurs embouchures.
Un point commun des deux provinces : la ligne de partage des eaux des deux versants reste à déterminer, tandis que dans la presqu’île de Maroantsetra, l’hydrographie est entièrement à mener. De même, la partie
comprise entre le Loky et le Rodo, placée par la commission de 1895, est également à étudier.
Ainsi, fin 1897, le général Gallieni, gouverneur général de Madagascar, est en possession de tous les renseignements sur les ressources du pays, les cultures appropriées, l’élevage, les sous-sols, les climats, les comportements des populations région par région. « En un mot, il était en mesure de donner satisfaction à tous les prétendants à la colonisation. »
Dans le but de faciliter l’installation rapide des colons et leur éviter des recherches longues et onéreuses, l’Administration locale fait procéder à la reconnaissance de terrains qui réunissent toutes les conditions nécessaires à la création d’exploitations agricoles et à l’élevage.
La superficie des lots octroyés ne devra pas dépasser 100 hectares. Toutefois, des concessions d’une étendue plus considérable, jusqu’à 500 hectares et plus, sont acceptées pour donner satisfaction aux personnes qui veulent se livrer, sur une plus grande échelle, soit à la culture soit à l’élevage de bétail.
La même année 1897, les textes sur la réglementation domaniale sont publiés et appliqués en un temps record. Deux décrets en date du 16 juillet 1897, signés par le président français Félix Faure, sont mis en application par le général Gallieni par l’arrêté n°919 du 23 août 1897. Le premier texte règlemente la propriété foncière dans la Grande île, le deuxième concerne l’organisation du domaine public à Madagascar.
Le général Gallieni appuie ces dispositions réglementaires par la circulaire N°243 du 20 juillet 1897. Circulaire de la honte qui « dépossédait entièrement les indigènes de leurs terres ancestrales et les obligeait à émigrer vers d’autres régions ».

Pela Ravalitera

Lundi 22 avril 2013

Notes du passé

L’Express

 

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