2013-05-15 La société missionnaire scolaire concrétisée

Publié le par Alain GYRE

La société missionnaire scolaire concrétisée

 

Le 17 juin 1822, Radama 1er prend part à la cérémonie d’examen des 85 élèves des écoles de Jones et de Griffith. Il ne manque pas d’exprimer sa reconnaissance aux missionnaires de la London Missionary Society pour les progrès accomplis par les petits Malgaches. Le 25 juin, récemment arrivé, Jeffreys ouvre à son tour un établissement avec 12 élèves.

L’enseignement prend ainsi, petit à petit, de l’extension. Ce dont s’inquiètent les traditionnalistes qui profitent de l’absence du roi parti guerroyer dans le Menabe, pour tenter de s’opposer à ces progrès. Ceux-ci sont également caractérisés par les ateliers ouverts par les artisans où sont formés des apprentis.

Les bruits les plus absurdes sont alors lancés. « On accusa les missionnaires d’avoir partie liée avec Radama pour attirer les enfants et par la suite, les réduire en esclavage. Pour étayer cette absurdité, on donnait l’exemple des six jeunes Malgaches envoyés poursuivre leurs études à Londres qui n’étaient pas revenus » (Jean Valette, archiviste-paléographe). Faut-il alors s’étonner si les parents incitent leurs enfants à fuir, en les envoyant à la campagne Il devient urgent d’enrayer un tel mouvement qui menace de s’étendre.

C’est ce que comprend très vite la mère de Radama. Femme énergique, jouissant d’une grande autorité en l’absence de son fils, la princesse Rambolamasoandro réunit le peuple et, au cours d’un grand kabary- qui est répété dans les marchés- elle fustige les récalcitrants en leur rappelant la volonté royale. « Cessez de telles pratiques, car il s’agit de l’instruction de vos enfants que souhaite Radama, notre fils. » Cet appel, joint aux menaces, restaure rapidement la confiance des parents et l’œuvre scolaire peut s’étendre.

Pour 1824, selon Clark dans ses « Tantaran’ny Fiangonana eto Madagascar », le nombre des élèves dans la ville s’élève à 268, dont 48 apprennent la langue anglaise. Avec les établissements de la campagne environnante, ce chiffre atteint 2 000. Cette rapide augmentation n’est pas due à une arrivée massive de maîtres européens, mais à l’emploi d’instituteurs malgaches. En effet, 1824 voit la fusion des trois écoles et leur installation dans un grand local situé à Ambodinandohalo, qui prend le nom d’École centrale. C’est là que sont formés des moniteurs capables d’aider les missionnaires pour la diffusion de l’enseignement dans les campagnes, « mesure capitale qui ne tarda pas à porter ses fruits ».

En quatre ans, une « extension soudaine de l’œuvre entreprise » se voit, associant étroitement Européens et Malgaches. Cette collaboration est concrétisée en 1825 par la fondation d’une Société missionnaire scolaire, dans le but d’encourager la construction de locaux réservés à l’enseignement dans tous les principaux villages de l’Imerina.

L’article 4 du statut de la Société scolaire stipule : « Les habitants de ce pays, ne pouvant bien souvent supporter les frais qu’entraîne l’éducation de leurs enfants, en sont réduits à les garder chez eux. La société en appelle à la générosité du monde chrétien pour recevoir des secours, privés ou publics, qui permettront de rémunérer les moniteurs malgaches envoyés parmi leurs compatriotes pour la tâche qui leur a été confiée, et d’acheter des vêtements aux enfants qui ne peuvent pas s’habiller pour aller à l’école. »

La création d’une bibliothèque publique à Antananarivo est également prévue. Parallèle­ment à l’augmentation des écoles et des élèves et pour créer l’émulation entre eux, des concours sont organisés où s’affrontent les différents villages.

Coppalle propose à Radama « de décerner un prix aux élèves qui auront le mieux réussi dans la traduction en langue malgache de quelques morceaux choisis de l’Ecriture Sainte. Mais comme les élèves ne sont peut-être pas encore en état de traduire, le prix sera donné, le premier trimestre, à celui qui répondra le mieux aux questions posées sur les passages de l’Ecriture qu’on lui a déjà appris ».

 

Pela Ravalitera

 

Mercredi 15 mai 2013

Notes du passé

L’Express

Publié dans Notes du passé

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