2013-07-12 L’hôtellerie de campagne, un problème d’actualité

Publié le par Alain GYRE

L’hôtellerie de campagne, un problème d’actualité

 

Avec l’Indépendance recouvrée en 1960, la direction de l’Office du tourisme de Madagascar (OTM), s’attache à réaliser un programme d’actions. Programme limité certes, mais qui peut être amorcé et certainement mené à bonne fin.

Les activités de l’organisme sont multiples et variées. Elles vont des renseignements touristiques à fournir sur place ou à l’extérieur pour attirer d’éventuels clients, aux projets de mise en valeur d’un secteur touristique.

« Malgré le nombre restreint de son personnel, malgré aussi le développement empirique de ses activités, du fait du nouveau régime politique de Madagascar, la direction de l’OTM s’est efforcée de faire face aux tâches qui lui incombent » (Edouard Ralaimihoatra, directeur de l’Office).

Ce nouveau régime politique- l’Indépendance- rend nécessaire la refonte des textes qui intéressent le tourisme. Notamment, ceux sur la défense des intérêts hôteliers, parfois méconnus, et d’une manière générale, ceux sur la promotion de l’industrie touristique.

En particulier, « l’hôtellerie de campagne » continue à poser un problème d’actualité.

« Les hôtels de campagne ont des charges, dont le poids n’est pas toujours en rapport avec le rendement. » C’est pourquoi certains propriétaires doivent fermer leurs portes. En tout cas, en une année, trois opérateurs ont été obligés de le faire.

Une intervention en leur faveur qui se fait sous la forme de réductions des droits de patente et de licence est donc nécessaire, . L’OTM qui doit formuler son avis, se montre toujours favorable en approuvant ces baisses.

Dans un autre volet, pour défendre et promouvoir l’hôtellerie, grâce à une intervention de la présidence de la République, la Société malgache d’investissements et de crédit (SMIC) décide de normaliser l’octroi de prêts à l’hôtellerie. Dans cette optique, un comité d’octroi de crédits est mis sur pied en 1960 au sein de cet organisme, où l’Office est représenté par son directeur.

Dans le même but, en prévision de la rentabilité des établissements, l’OTM fait établir, deux plans-types d’hôtels de coûts différents. Il les met gratuitement à la disposition d’opérateurs désireux, non seulement de faire du neuf, mais aussi d’avoir un petit ensemble hôtelier fonctionnel.

« Le premier plan-type, notamment, est conçu de manière à permettre au propriétaire d’avoir des activités marginales pour accroître sa rentabilité. » En 1960, ce sont les établissements de Mandritsara et Port-Bergé, détruits par les violents cyclones de l’année précédente, qui y ont recours.

Parmi les activités de l’Office du tourisme, on note également l’inventaire des hôtels malgaches. L’objectif est de les classer afin de retenir ceux qui remplissent, de manière effective, une fonction hôtelière. D’autant plus que les mêmes établissements méritent d’être encouragés et, le cas échéant, aidés d’une façon ou d’une autre.

À côté des anciens établissements, des nouveaux de standing assez élevés, ont ouvert leurs portes. Tels Le Galion à Tolagnaro, l’Hôtel Papillon à Fianarantsoa et l’Hôtel Riviera à Ambohidratrimo.

Il est vrai que certains opérateurs font un effort méritoire pour de multiples raisons, entre autres, soit pour améliorer leur standing, soit pour augmenter le nombre de leurs chambres. Ainsi, hormis les trois nouveaux établissements mentionnés, ce nombre passe de 1 723 dont 275 avec douches minimum en 1959, à 1 733 dont 312 avec au moins des douches fin 1960.

En résumé, une amélioration notable se produit durant l’année de l’Indépendance, dans le standing des hôtels existants. Pour le directeur de l’Office, cela « laisse prévoir une évolution favorable de l’hôtellerie ».

Néanmoins, concernant l’appui que l’Administration peut apporter aux opérateurs, en-dehors de son intervention dans le domaine fiscal en faveur des petits établissements hôteliers, elle ne peut prendre directement en charge leur construction ni même leur amélioration. « Tout au plus, pourrait-on envisager la création d’un fonds hôtelier, dont l’action s’ajouterait aux possibilités d’octroi de prêts qu’offre la SMIC. »

 

Pela Ravalitera

 

Vendredi 12 juillet 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article