2013-07-18 Madagascar, simple fournisseur de produits miniers bruts

Publié le par Alain GYRE

 

 

Madagascar, simple fournisseur de produits miniers bruts

 

Par Pela Ravalitera

 

l’Indépendance retrouvée, la Grande île doit penser à son développement économique. Jusqu’en 1960, l’économie en général, minière voire industrielle en particulier, est « bâtie, conçue et même dirigée en fonction principalement de l’économie française » (Jean-Albert Zafimahova et Max R. Ridoux).

 

Réduite au seul rôle de fournisseur de matières premières brutes, l’économie malgache a « vivoté » alors « au gré des acquéreurs extérieurs ».  Elle n’a pas présenté « de stabilité suffisante » pour permettre la réalisation d’un ensemble cohérent d’activités sûres et régulières.

 

« Nos produits miniers étaient vendus, parfois, sans que nous sachions avec exactitude quelles étaient leurs valeurs réelles, à qui ils étaient vendus, quelles étaient leurs destinations finales. »

 

C’est l’une des causes  qui ont fait que les prospecteurs et les exploitants miniers locaux ne se sont intéressés généralement qu’aux matières dont la valeur à l’unité de poids est assez élevée pour leur assurer un gain appréciable après un « coup heureux ». « L’indi­vidualisme dont ils font encore preuve actuellement, est dû, du moins en partie, à cette conception qui voit en l’activité minière une grosse loterie où ceux qui ont de la chance, sont récompensés par la nature. » 

 

De leur côté, comme ils ne sont pas assurés de débouchés stables, les gros exploitants n’ont établi ni un planning rationnel de production ni une politique adéquate de stockage. Peut-être aussi, ils ont été « animés par la conception de gain immédiat et vite découragés par les à-coups qui se font plus ou moins sentir sur les produits miniers ».

 

Comme les petits opérateurs, ils ont également fait preuve d’individualisme, gardant jalousement « leurs secrets ». À l’exception « d’une récente prise de conscience des producteurs de mica ». En fait, « une telle attitude n’a fait que le profit des acheteurs » qui ont fait jouer une vive rivalité entre les locaux et peser sur eux « la menace de la concurrence mondiale ». 

 

Et surtout, il ne semble avoir existé « aucune vue sérieuse » sur la « valorisation » des produits miniers par laquelle on aurait dû chercher l’incorporation optima de la main-d’œuvre locale.

 

En résumé, l’économie minière malgache a été « prise en considération sous l’angle très restreint de l’approvisionnement en matières premières d’une industrie très développée, dont les ressources en ces matières sont multiples.» 

 

« Nous étions astreints à ces exportations irrégulières de matières très peu élaborées par nous-mêmes. » 

 

Dès la mise en œuvre de la loi-cadre en 1956, les ministres malgaches s’intéressent à l’activité minière. 

 

Dans un but d’organisation rationnelle, deux mesures sont préconisées, à savoir l’application stricte de la réglementation minière ainsi que l’amélioration et l’intensification de la production existante. 

 

Mesures qui visent principalement à une prise de conscience par les prospecteurs et les exploitants miniers de l’importance et de la nature réelle de l’activité minière.

 

Ainsi, « tout titre minier devait être réellement travaillé, les productions individuelles devaient se grouper pour pouvoir être normalisées et rationnellement intensifiées ».

 

En même temps, les dossiers des gisements connus charbon de la Sakoa, schistes bitumeux de Sambaina, lignites d’Antanifotsy, nickel de Vatozoro- sont rouverts à l’occasion de

 

 

Jeudi 18 juillet 2013

L’Express

 

Publié dans Notes du passé

Commenter cet article