2013-08-21 Les lignes générales d’un plan d’urbanisme tananarivien

Publié le par Alain GYRE

Les lignes générales d’un plan d’urbanisme tananarivien

 

 

 

En 1951, Antananarivo-renivohitra est (déjà) une ville-champignon. Sa croissance est si rapide en quelques années que toutes les prévisions se trouvent dépassées. Même la vision du général Gallieni lui-même, pourtant si vaste, est pris en défaut.

« S’il avait pu prévoir l’extension de Tananarive en 1951, il ne l’aurait pas, en 1908, étranglée dans ce collet monstrueux qu’est la voie de chemin de fer T-CE. Cette ligne (vers Toamasina) et sa gare terminale (Soarano) sont parmi les plus grands obstacles actuels au développement de la ville, cette dernière coupant la plus belle de ses avenues » (chroniqueur anonyme).

Cette poussée est loin d’être terminée puisqu’Antananarivo ne compte alors que 200 000 habitants et comme la plupart des capitales, elle « abritera le dixième de la population du pays ». Cette extension devra être organisée selon un plan d’ensemble qui, à l’époque, existe déjà mais attend l’aval du directeur de l’Architecture et de l’urbanisme de la Colonie.

Quelques idées générales peuvent en être dégagées. En premier lieu, la croissance en hauteur est exclue. « Ce n’est pas sur les collines déjà surpeuplées et sans espaces libres du vieux Tananarive que doit se faire, par une poussée verticale, la croissance de la ville, mais bien au contraire, par une extension en surface dans les vallées limitrophes ou par une projection de cités satellites sur les coteaux voisins. »

Et dans les années 1950, la place ne manque pas, ni les moyens de communication. « Du reste, de nombreuses agglomérations avoisinantes, dont les habitants viennent déjà travailler à Tananarive, sont autant de jalons avancés pour la cité future. » Et s’il existe des difficultés à s’établir sur les terrains marécageux et les rizières, « elles ne doivent pas être prises en considération ». En effet dans la capitale, de nombreux terrains à bâtir sont conquis sur les rizières. Néanmoins, cette expansion est à orienter, car les constructions jusque-là poussent de façon anarchique parce qu’on « n’avait aucun plan à opposer aux propriétaires ».

C’est ainsi que le plan prévoit des zones résidentielles et, des espaces libres, délimite une zone industrielle parce que même dans la banlieue de l’époque, on ne peut tolérer n’importe où l’installation d’usines ou d’établissements industriels. « Ce qui est suburbain aujourd’hui, sera urbain demain. »

Les principes généraux du plan d’urbanisme peut donc se résumer par quelques points: ne pas céder à la tentation facile des grands immeubles collectifs, ne pas lésiner sur les espaces libres, voir grand dans le tracé, des voies publiques et surtout, les travaux d’assainissement (adduction d’eau, égouts…) des zones prévues par le plan d’extension doivent être exécutés à l’avance.

Concernant le réseau d’égouts d’Antananarivo d’ailleurs, il y a beaucoup à dire. Il comporte un unique réseau d’évacuation composé de caniveaux, de canaux à ciel ouvert, de buses, d’égouts semi-visitables ou visitables, dont l’implantation n’a fait l’objet d’aucun plan d’ensemble et qui est disposé et raccordé de façon empirique.

De surcroît, il est loin de desservir convenablement la totalité de l’agglomération. « Pour tous les immeubles à construire, on n’admet plus d’autres systèmes que la fosse septique, mais la plupart des maisons existantes ne possèdent que des fosses fixes plus ou moins étanches, voire des fosses perdues ou des tinettes. Les matières de vidange sont, après enlèvement, déversées dans l’Ikopa en aval de la ville… »

En résumé, tout est à faire dans ce domaine. « Il en coûterait environ un milliard (francs CFA) pour réaliser un tout-à-l’égout avec épuration biologique consécutive dans trois stations d’épuration situées à la pointe sud et à la pointe nord-ouest sur l’Ikopa, et à la pointe nord-est sur le canal de la Manjakaray. »

Quant à l’eau potable, la capitale est encore très loin des 250 litres par jour et par habitant, norme prévue pour les cités modernes. 161 bornes-fontaines sont en service, le débit de

12 000 m3 par jour passe à

20 000 m3. Mais la municipalité doit déjà prévoir 80 000 m3 dans quelques années.

 

Pela Ravalitera

 

Mercredi 21 août 2013

Publié dans Notes du passé

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