2013-09-02 L’expérience professionnelle réussie d’un jeune Antandroy

Publié le par Alain GYRE

L’expérience professionnelle réussie d’un jeune Antandroy

 

Par Pela Ravalitera

 

Un an après les évènements sanglants d’avril 1971,,  l’appel de détresse du Grand Sud est entendu. Ils attirent l’attention du grand public et du Monde sur une misère chronique due, entre autres, à des conditions naturelles particulièrement rigoureuses.

Néanmoins, il serait injuste de soutenir que cette contrée ait été oubliée jusque-là. Depuis longtemps, plusieurs organismes étrangers ou internationaux y interviennent. De nombreux jeunes Antandroy en profitent.

C’est le cas d’un ancien pionnier du Service civique, originaire de la région. Bien avant 1972, il exploite, dans la zone pilote de Sampona, une ferme avec son étable, sa fosse à fumier, son hangar, son local d’habitation de 54m², sa citerne de 15m3. 

Pendant son temps de service, il peut se familiariser avec les méthodes culturales diffusées dans la zone. De surcroît, la Compagnie du Service civique se porte garante pour lui auprès de la Banque nationale malgache, sans cela il n’aurait jamais pu obtenir le prêt nécessaire.

Le jeune paysan pratique le « mixed-farming », l’association agriculture-élevage. Ses champs sont  protégés par des haies de « raketa » épineuses. Il en plante aussi des inermes pour la nourriture de ses bêtes pendant la 

saison sèche.

La ferme expérimentale de la FAO met aussi à sa disposition toutes sortes d’espèces végétales adaptées à la sécheresse et d’autres qui assurent un couvert végétal et reconstituent le sol à l’égal de la forêt, ainsi que des arbustes que les chèvres, les moutons et même les bœufs broutent avec profit…

« Bref, ses semblables et lui, avant-garde de la nouvelle génération, peuvent envisager l’avenir avec confiance : ils n’ont pas besoin de devenir fonctionnaires pour sortir de la misère, ce qui était le rêve de leurs parents… car en Androy comme partout ailleurs, les écoles produisent beaucoup trop de candidats au BEPC, inadaptés sur le marché du travail. On commence aujourd’hui à se rendre compte qu’il est grand temps de donner aux jeunes une instruction qui ne les coupe pas de leur milieu réel. »

Grâce à l’appui du Service civique, le jeune fermier est sauvé. Il sait lire, écrire et compter. Il sait aussi travailler la terre. Il défriche lui-même les terrains mis à sa disposition, autrefois des pâturages complètement épuisés. Il est aussi lié à la Centrale d’équipement agricole et de modernisation du paysannat par un contrat qui prévoit de nombreuses dispositions. 

Le postulant à une ferme doit avant tout être libéré du service national, être connu pour sa sobriété et son travail, et s’engager à suivre les termes du contrat. Il reçoit les bâtiments énumérés précédemment, un terrain de 10 à 30 hectares selon le cas, le matériel agricole de base, mais aussi le bétail ainsi que les semences et boutures sélectionnées. 

De même, il obtient l’aide technique, des avances remboursables après la récolte et un salaire de 20 francs par heure de travail pour les travaux généraux et d’expérimentation qui lui sont demandés.

Il s’engage à entretenir matériel et installations, à rembourser les prêts et avances, à suivre les conseils techniques et à participer aux essais de nouvelles techniques culturales.

« Les jeunes dans tout le Sud sont sensibles à l’idée du mieux-être et du développement. Ils attendent d’être aidés et encouragés. À cette condition, ils resteront à la terre. Mais gare à ceux qui les auront trompés ! »

Un rapport de la FAO concernant la zone d’expansion rurale d’Ambovombe, signale notamment que dans le secteur de Sampona (Misereor allemand), les meilleurs cultivateurs pour un peu plus de sept hectares de terres cultivées en patates, maïs, antaka, arachides et haricots, ont un revenu annuel dépassant 130 000 Fmg (1972).

 

 

 

 

Lundi 02 septembre 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

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