2013-09-05 La Garde indigène pour nettoyer les zones rebelles

Publié le par Alain GYRE

La Garde indigène pour nettoyer les zones rebelles

 

Par Pela Ravalitera

 

En arrivant à Madagascar  en tant que haut commissaire de la République française, le 21 janvier 1948, Pierre de Chevigné compte  rétablir l’amitié des populations malgache et française et relancer le développement (lire précédente Note).

Toutefois, à cette époque, les derniers sursauts de l’insurrection commencée en 1947 se font encore remarquer dans certains points de l’île. C’est pourquoi, pour pouvoir réaliser son projet de gouvernement, Pierre de Chevigné inspecte le quadrilatère Antananarivo-Fianarantsoa-Manakara-Brickaville pour s’assurer « des progrès réalisés en matière de pacification et des moyens à mettre en œuvre pour l’accélérer ».

Comme il l’explique le 31 mars 1948, devant l’Assemblée représentative en session ordinaire, ce quadrilatère englobe la zone forestière difficilement perméable, « où les rebelles, repoussés de toutes parts à la suite du dégagement de la zone côtière, des voies ferrées Tananarive-Tamatave et Fianarantsoa-Manakara et de la route Tananarive-Fianarantsoa, se sont réfugiés ».

Le haut commissaire montre sa satisfaction devant la situation qu’il y a vue. Des postes militaires sont implantés dans la zone. Ils ont un double rôle. D’abord, ils assurent la sécurité des points sensibles (ponts, bacs, routes, chemins de fer), des centres économiques importants (usines, plantations, mines) et des centres urbains.

Ensuite, leur mission est « d’enserrer étroitement la zone rebelle » et de permettre d’y faire de plus en plus d’incursions destinées « à dissocier l’adversaire, à le détruire et à ramener les populations entraînées de force ».

Il remarque aussi, au cours de son inspection, que de nombreux postes statiques pourraient avantageusement être remplacés par des unités de la Garde indigène. « Cette mesure va permettre d’entreprendre à bref délai une série d’opérations de nettoyage, dont j’attends les meilleurs résultats. » Dès son retour de sa tournée, il a d’ailleurs ordonné l’étude d’une réorganisation dans le sens d’un « renforcement important » de la Garde indigène.

Le haut commissaire tient à faire remarquer que les troupes ne se contentent plus de pacifier. Elles s’attellent aussi, dans certains secteurs, à la réfection des routes et des ponts, à la construction de pistes, de terrains d’aviation et de cantonnements. 

« J’ai prescrit de pousser ces travaux en accord avec les autorités civiles locales, car ils conditionnent la réalisation de l’œuvre de pacification en cours ». Routes et ponts permettent d’implanter des postes de plus en plus avancés et «  de se libérer de regrettables transports à dos d’homme et des onéreux parachutages ».

Pierre de Chevigné, en concluant, énumère les points positifs de l’évolution de la situation militaire qui est en bonne voie, dans la zone la plus sensible où les soumissions vont en croissant. Et avec l’arrivée prochaine de la saison sèche, « une nouvelle phase des opérations peut être entamée qui, je l’espère, sera la dernière ».

« De très rudes coups ont déjà été portés à la rébellion. Après avoir perdu l’initiative des opérations, elle a vu ces derniers mois l’étau se resserrer  de plus en plus sur elle. Tous les jours, il lui a fallu reculer sans cesse pour éviter de lourdes pertes. »

Sur sa lancée, il ajoute : « Cette fois-ci, je crois que nous allons lui casser les reins. À la fin de cette campagne qui va s’ouvrir, il n’y aura plus de problèmes militaires, il n’y aura plus qu’un problème de police. Certes, quelques petites bandes continueront encore à se débattre entre les mailles du filet, quelques hors-la-loi demanderont à la forêt de les garantir le plus longtemps possible contre le châtiment, mais il n’y aura là rien de vraiment préoccupant. »

 

 

 

 

Jeudi 05 septembre 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

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