2013-09-19 Notes du passé Le zébu, une origine à discussion

Publié le par Alain GYRE

Le zébu, une origine à discussion

 

De tous les animaux domestiques de Madagascar, le zébu (Bos indicus) est certainement le plus ancien. D’après le Dr Henri Poisson, scientifique, en 1935, on en a retrouvé des ossements dans les gisements subfossiles de la Grande île en précisant que Grandidier a donné la description d’une espèce fossile-

« Bos madagascariensis »- qui est un zébu.

« C’est le même bœuf à bosse qui est actuellement domestiqué par les indigènes. »

C’est également l’avis de Filhol pour qui

« le zébu est contemporain de l’Aepyornis, en faisant toutefois remarquer que le surfaces articulaires des os des membres sont moins élargis que dans le type actuel ».

L’origine du zébu malgache a fait l’objet de nombreux débats. Les uns le classent dans l’espèce « Bos indicus » ; d’autres pensent qu’il appartient à la race africaine « Bos africanus » ; certains encore placent en Asie son origine primitive et voient son passage en Afrique

« où l’espèce se serait légèrement modifiée, puis de là à Madagascar où l’habitat insulaire l’aurait encore éloigné du type originel ».

Certains de ses caractères sont communs aux zébus de l’Inde et de l’Afrique. Quelques-uns au contraire, n’existent que chez les premiers. D’autres enfin apparaissent à la fois chez les zébus indiens et africains, mais ne se retrouvent pas chez le zébu malgache

Jolaud suppose que le zébu est introduit à Madagascar par les Bantous, avant l’usage du fer et antérieurement aux invasions malayo-mélanésiennes.

Cornevin, qui établit une comparaison entre les diverses espèces de bœufs fossiles, prétend qu’il s’agit probablement de différentes formes ou variétés d’un même type est que la souche primitive des bovidés doit être recherchée dans le Sud de l’Asie.

Il existe dans l’île plusieurs races de zébus, dont le nombre varie suivant les auteurs et

« qui correspondent plus à des adaptations d’une même souche ou à des sols et à des climats différents qu’à des espèces zootechniquement définies », comme les racines bovines européennes.

Dans sa thèse, Durieux reconnaît deux races, celle de l’Ouest et celle du reste de Madagascar.

Geoffroy suppose que cinq races seraient en présence. Celle du Nord, du Nord-ouest et du Centre est à ossature très développée et relativement haute sur pattes.

La race de l’Ouest, zébu sakalava, se rencontre entre Mahajanga et le Mangoky, et Krick y distingue encore deux sous-races : celle de Port-Bergé et de la Sofia caractérisée par des cornes épaisses, fortes et à croissant très ouvert, et la variété que l’on rencontre dans tout le Menabe, à cornes longues et souvent en forme de lyre.

La race de Vohémar, de taille plus basse, à squelette grêle, à corps plus long mais plus large de poitrail et de croupe, est une excellente espèce pour la boucherie.

La race de l’Est est disséminée un peu partout le long de la côte orientale, depuis la baie d’Antongil jusqu’aux environs de Farafan­gana. Elle est de taille plus réduite que les autres.

Enfin, la race du Sud et du Sud-ouest se voit dans la région de Tolagnaro, dans les pays mahafaly et bara. Elle est également « de plus petit format » que les races du Nord.

Durieux groupe ces deux dernières races en une seule qu’il englobe dans celle du Centre.

Certains chercheurs, enfin, veulent voir des caractères zootechniques dans les variétés du pelage et des robes. Mais là encore, « ces critériums sont sujets à erreurs, car il faut notamment compter avec les migrations des animaux à travers l’île et avec les très nombreux métissages ».

 

 

 

Pela Ravalitera

 

Jeudi 19 septembre 2013

L’Express

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