2013-09-20 Notes du passé: Des bœufs européens pour améliorer le cheptel malgache

Publié le par Alain GYRE

Des bœufs européens pour améliorer le cheptel malgache

 

«Le zébu malgache offre des caractères zootechniques identiques à ceux d’espèces animales plus près de la vie libre que la vraie vie domestique : manque de précocité, poids en général plus élevé par rapport à la masse, capacité laitière fiable chez la femelle » (Dr Henri Poisson, scientifique, 1935).

En revanche, ses caractères vitaux sont la rusticité et la résistance à un grand nombre de maladies. « Si le zébu succombe au charbon bactéridien, il lutte avec avantage contre la tuberculose et les lésions constatées sont seulement des attaques enkystées, le plus souvent caséifiées, ce qui indique une remarquable défense de l’organisme. »

Le zébu malgache supporte également les intempéries de la saison pluvieuse et les carences alimentaires de la période de sécheresse sans crainte d’étisie. Et les mauvais traitements qu’il subit parfois en tant qu’animal de trait, ne l’empêchent pas de vivre de longues années.

Néanmoins, pour améliorer le cheptel, les Européens importent des bovidés de races plus précoces et mieux sélectionnées. Le premier, Jean Laborde introduit des bœufs bordelais, des Garonnais qui, depuis, sont devenus les « omby rana » si répandus en Imerina.

Dans les années 1920, le Service vétérinaire fait venir des Normands, des Limousins et des Schwitz, pour ne citer que les races les plus connues auxquelles il faut ajouter des Salers et des Charollais.

« Les Schwitz semblent être une des importations les plus heureuses car ils prospèrent avantageusement dans la région montagneuse de l’Ankaratra, alors que les Normands, dont les femelles sont aussi d’excellentes laitières, moins rustiques que les Schwitz, restent les animaux de choix pour les plaines et les plateaux de moindre altitude. »

En tout cas, les croisements avec les races françaises donnent les meilleurs résultats et les métis obtenus se développent avec succès.

La viande des « omby rana » est en général de bonne qualité, surtout quand les animaux sont soumis à l’engraissement. Parmi les gros bœufs, on distingue les « dabokandro », bœuf d’herbage engraissé dans les pâturages, surtout de l’Ouest ; et le « omby mifahy », bœuf de fosse, dont le nombre « est moins élevé qu’autrefois en raison du prix élevé de la nourriture ».

Excellent tracteur, le bœuf de Madagascar est vraiment l’animal idéal de trait pour la population locale. « Attelé à des charrettes souvent trop chargées, il accepte avec résignation le travail de jour et de nuit, par le soleil, par la pluie ou par l’orage, se contentant de l’herbe qui pousse le long des routes et des chemins. »

Sous le nom d’ « omby soavaly », bœuf-cheval, les Malgaches désignent les zébus sans cornes ou à cornes branlantes. Dressés à plier le genou à la manière des chameaux, ils portent soit des hommes, soit des bâts de charge.

Le lait de la vache-zébu est riche en crème, mais peu abondant, et la durée de lactation est courte. Seules les vaches croisées ou issues de métis donnent cinq à dix litres de lait pendant un temps appréciable.

Ce sont les croisements avec les Normands et les Schwitz qui donnent les meilleures vaches laitières. Mais à l’époque, l’industrie du lait et de ses dérivés reste toute entière à créer, sauf dans la banlieue des grands centres comme Antananarivo, Antsirabe, Toamasina, Fianarantsoa, etc.

Quoiqu’il en soit, « l’amélioration du zébu malgache est une opération de longue haleine. Très onéreuse, elle ne se réalisera que peu à peu et suivra une marche parallèle à l’éducation du cultivateur indigène ».

 

Pela Ravalitera

 

Vendredi 20 septembre 2013

L’Express

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