2013-09-21 Notes du passé: Essais concluants d’élevage de moutons à laine

Publié le par Alain GYRE

Essais concluants d’élevage de moutons à laine

 

Avant la colonisation, le

mouton à grosse queue est le seul qui existe à Madagascar. «Encore n’y est-il pas autochtone : il a été introduit vraisemblablement à une époque très ancienne, peut-être contemporaine de celle du zébu» (Dr Henri Poisson, scientifique, 1935).

Il serait originaire de la côte africaine où l’on retrouve les mêmes types de moutons (race de Soudan, « Ovis africana »). Mais comme le remarquent de nombreux zoologistes, le mouton est l’un des animaux qui se modifient le plus vite sous la double influence du sol et du climat.

Comme les bœufs, un certain nombre de moutons abandonnés reviennent à la vie libre, dans des aires très limitées toutefois. C’est ainsi que l’animal connu des Malgaches sous le nom de « Habeby » et sur lequel le RP Poisson donne d’intéressants détails dans le Bulletin de l’Académie malgache en 1933, « est certainement un mouton ».

Depuis l’occupation française, des moutons à laine sont introduits dans le Centre et dans l’Ouest. Ces élevages provenant de races pures (Mérinos, Dishley-Mérinos, etc.) ou de sujets métissés n’ont eu qu’une faible durée de vie et ont été décimés par des maladies inoculées par les tiques.

En 1923, la Chambre de commerce de Tourcoing fait venir dans la Grande île un troupeau de Mérinos de l’Afrique du Sud. Par Toliara, il gagne le plateau de l’Horombe sur lequel, en dépit des soins dont il est l’objet, il ne peut se maintenir que quelques années.

« Plus heureux furent les essais tentés à Ambovombe, localité de l’Androy, où les tiques sont peu abondantes et où un bain détiqueur avait été préalablement installé. Depuis, des bains ont été établis dans les fermes d’Antsirabe, de Betroka et de Toliara. »

Ainsi, grâce à l’application rigoureuse des méthodes suivies en Afrique du Sud, c’est-à-dire passages réguliers aux bains détiqueurs, mises en paddocks, rotation de pâturages, de sérieux progrès peuvent être réalisés dans le Sud. Au 1er avril 1935, la ferme zootechnique d’Ambovombe possède un troupeau de 205 Mérinos pures et de 252 métis.

Concernant la chèvre malgache assez répandue dans l’Ouest, elle est très en faveur auprès des populations indiennes et musulmanes qui en apprécient le lait et la chair.

Il existe un petit troupeau de chèvres marronnes dans la presqu’île de Sada, à l’entrée de la baie de Baly. On en trouve aussi sur l’île Europa, située dans le canal de Mozambique, entre Toliara et Morombe. Mais du fait de la pauvreté de la végétation et du manque d’eau douce, le troupeau disparaît progressivement.

En 1914, puis en 1924, le gouvernement de la colonie introduit à la ferme de Befanamy, près de Toliara, des chèvres angoras d’Afrique qui se sont fort bien développées.

En 1928, un petit troupeau de chèvres alpines, venant de France, est placé dans l’Ankaratra, à la Station zootechnqiue de Vavavato. « Ces animaux s’y plaisent et s’y reproduisent. »

Les métis résultant du croisement avec des chèvres malgaches, sont au nombre de 386 environ et en quelques années, près de 800 métis sont cédés aux éleveurs malgaches.

 

Pela Ravalitera

 

Samedi 21 septembre 2013

L’Express

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