2013-09-26 Notes du passé: Les Spiritains en mission dans les colonies françaises

Publié le par Alain GYRE

Les Spiritains en mission dans les colonies françaises

 

La Congrégation du Saint-Esprit, société de prêtres fondée en 1703 par Poullart des Plateaux, est supprimée en 1792 par la loi du

18 août abolissant toutes les congrégation séculières en France.

Par la suite, elle est réhabilitée dans sa mission par le décret impérial du 23 mars 1805, grâce à un rapport favorable du cardinal Fresh. Mais à une condition : « à charge pour elle de fournir des prêtres aux colonies françaises ».

Le 4 novembre de la même année, le gouvernement demande au supérieur de la Congrégation, un préfet apostolique et douze missionnaires pour la Martinique. Toutefois, à la suite de la querelle entre le Pape et l’empereur et pour répondre à l’excommunication de Napoléon par Pie VII, « le décret du 2 Germinal an XIII avait été révoqué et la Congrégation du Saint-Esprit à nouveau supprimée » (Pierre Lintingre, Bulletin de Madagascar, octobre 1967).

À la Restauration, une ordonnance du roi ayant force de loi, en date du 3 février 1816, rend à la Congrégation et au Séminaire du Saint-Esprit leur existence légale. Avec une précision du baron Portal: « étant bien notifié que le but principal qui avait motivé cette approbation était le service religieux des colonies françaises». Et de spécifier : « Service assuré soit par des prêtres venant des divers diocèses et formés dans son sein, soit par des sujets sortis de son sein.»

Le 12 octobre 1816, alléguant les services rendus par lui avant la Révolution, le Séminaire du Saint-Esprit exprime « formellement et explicitement » le désir qu’il n’ait plus d’autre objet en vue que les missions coloniales.

L’année suivante, par l’ordonnance du

23 juillet 1817, pour réaliser « un rêve vieux de cinquante ans », Louis XVIII charge la Congrégation et le Séminaire du Saint-Esprit de pourvoir, seuls, au soin religieux des colonies françaises.

Trois ans plus tard, le 17 mai 1820, une circulaire ministérielle explicite les intentions du baron Portal.

« Jusqu’à ce que la Congrégation du Saint-Esprit soit en état de suffire, par des sujets sortis de son sein, à tous les besoins du service du culte catholique dans nos établissements des deux Indes, il sera pourvu aux vacances qui surviendront, à l’aide de prêtres tirés de divers diocèses, mais ces ecclésiastiques ne seront envoyés à leur destination qu’après avoir passé un certain temps au Séminaire du Saint-Esprit. »

Dès lors, celui-ci devient commun aux diocèses coloniaux et assure la formation ecclésiastique des jeunes clercs qui montreront des dispositions pour servir outre-mer. Ils seront destinés à former le clergé des missions des colonies françaises.

La Congrégation du Saint-Esprit, rétablie au civil par l’ordonnance du 3 février 1816, est enfin « approuvée canoniquement » par le Pape, le 7 février 1824.

Ce qui l’élève au rang de société constituée relevant immédiatement du Saint-Siège et agissant, sous la juridiction du dicastère romain de la Propagande, « pour tout ce qui concerne les Missions coloniales ».

Depuis 1896, le Supérieur de fait- car il ne sera élu canoniquement que le 16 juillet 1826- de la Congrégation et du Séminaire est l’abbé Jacques Bertout. Ce dernier obtient de partir pour la Mission de Cayenne.

Malheureusement, le bateau qui l’emmène en Guyane en compagnie de l’abbé Dégli­court échoue sur le banc d’Arguin, au large des côtes de la Mauritanie.

Les deux missionnaires tombent prisonniers des Maures nomades et ils ne peuvent recouvrer leur liberté à Saint-Louis du Sénégal, que contre rançon, après deux mois de captivité.

Bertout serait bien retourné en mission, mais l’état de sa santé y met obstacle. Dès lors, inapte à se rendre lui-même dans les pays lointains, il s’applique au Séminaire du Saint-Esprit à la formation de futurs missionnaires, d’abord comme professeur, ensuite comme supérieur.

Toutes les colonies françaises ont droit au service de Bertout : le Sénégal, la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon, la Martinique, la Guadeloupe, l’île Bourbon et en dernier, Madagascar.

 

Pela Ravalitera

 

Jeudi 26 septembre 2013

L’Express

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