2013-10-31 Notes du passé: La Sodemo, une zone particulière agricole dans le Menabe

Publié le par Alain GYRE

La Sodemo, une zone particulière agricole dans le Menabe

 

La Société pour le développement économique de la région de Morondava (Sodemo) est, en 1974, un organisme étatique très jeune placé sous la tutelle du ministre

du Développement rural. L’idée d’intégrer certaines zones de la préfecture de Morondava dans un projet de développement remonte à 1959.

Le décret du 15 janvier de cette année-là, met en exergue le meilleur parti possible à tirer dans cette région et utilise les termes

« Zones particulières » pour la désigner. Par la suite, les dirigeants de la première République, sans doute préoccupés par d’autres problèmes, oublient ces fameuses zones particulières.

Puis arrive le mai brûlant de 1972 et tous les changements qui s’ensuivent. Le dossier finit par être compulsé et le projet est rouvert, actualisé et adapté aux nouveaux objectifs nationaux de développement.

Néanmoins, certaines données restent inchangées : les superficies totales à cultiver sont de 125 000 hec­tares et l’opération est prévue bénéficier d’une aide financière de la FAO, l’AID et le PNUD.

Si au début, l’opération n’intéresse que Morondava et Mahabo, en 1974 elle prend une dimension extraordinaire en incluant Belo-sur-Tsiribihina. « L’ensemble de ces zones particulières viennent s’ajouter aux immenses terres nouvellement mises en valeur dans l’arrière-pays de Diego-Suarez, dans la province de Majunga, dans la plaine de l’Alaotra, et un peu partout dans la Grande île, pour réaliser avant cinq ans, le programme du chef du gouvernement : du riz pour couvrir les besoins de chaque foyer et honorer les commandes en provenance de l’extérieur » (Randriamarozaka, directeur de publication et chroniqueur du Bulletin de Madagascar).

Toute la région de Morondava forme une immense étendue, dont le relief se caractérise par « l’absence totale de hauteurs si petites soient-elles ». Partout, il n’y a que des plaines, dont les éléments typiques de la flore se trouvent être le

bush et les baobabs.

Ceux-ci « dressent partout leurs cierges démesurément colossaux et ventrus, aux mèches maigres apparaissant presque horizontalement à leur sommet ». La ville comme la région doit son nom à une rivière dont le lit ne se prête pas à la navigation, étant encombré d’abondantes moraines.

L’aire de mise en valeur de la Sodemo englobe une bonne partie du périmètre du delta de Morondava avec Mahabo et ses environs en amont, et la sous-préfecture de Morondava en aval.

L’une des plus importantes zones affectées à la riziculture se trouve à Mahabo, à 50 km à l’est de Morondava. La première tranche du projet y prévoit la mise en culture, avant cinq ans, d’une superficie de 4 700 hectares.

Et tant à Ankilivalo qu’à Analaiva, le défrichement se pratique à un rythme galopant.

Mais la plus grande zone destinée à la riziculture serait l’immense plaine dominée par le Nord-est de Belo-sur-Tsiribihina. C’est une étendue de plusieurs milliers d’hectares limitée dans sa bordure orientale par un léger escarpement couvert de forêts, au Sud-ouest par l’imposante embouchure de la Tsiribihina, à l’Ouest par un promontoire fait de pénéplaine et boisé.

Comme durant les crues, la plaine est entièrement baignée par les eaux de la Tsiribihina, tous les endroits exondés se couvrent

d’alluvions, ce qui convient à la culture.

Quand les eaux se retirent, une véritable course est engagée entre les cultivateurs et les premières pluies, celles-ci ne devant en principe tomber qu’après le repiquage.

À l’époque, la zone produit en moyenne deux tonnes à l’hectare de riz. La Sodemo prend en main la collecte des produits rizicoles pour éviter aux particuliers de s’enrichir au détriment des producteurs et de saboter éventuellement notre économie.

Outre la collecte du riz, la Sodemo se livre sur une grande échelle, à la culture industrielle du coton et au tabac.

 

Pela Ravalitera

 

Jeudi 31 octobre 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article