2013-11-05 Notes du passé: Des orangers et pamplemousses miraculeux à Bezezika

Publié le par Alain GYRE

Des orangers et pamplemousses miraculeux à Bezezika

 

Situé à 33 kilomètres de Morondava sur la route de Mahabo, anciennement recouvert de bush et autres plantes sauvages, Bezezika devient un site d’agrumiculture de type industriel, mécanisée selon les techniques modernes.

Les travaux d’aménagement débutent en 1966 avec comme objectif de mettre en culture une superficie globale de 1 000 hectares, atteint en 1970. De même, initialement, l’opération prévoit la mise en terre de 40% de plants de citronniers, 35% de jeunes orangers et 25% de pamplemousses. Cependant, en 1973, « ces proportions n’auraient pas été respectées, le peuplement de citronniers étant visiblement majoritaire par rapport à celui des autres espèces », écrit Randriamarozaka, directeur de publication et chroniqueur du Bulletin de Madagascar. Et il se demande pourquoi avoir favorisé tant de citronniers au détriment des orangers dont les fruits sont plus juteux et plus commercialisables.

Avant le démarrage du projet, il est aussi prévu de lancer la construction d’une usine de conditionnement et d’une autre de transformation semblable à celle de la Sojufa à Antsirabe. Usines qui, au bout de six ans, ne voient toujours pas le jour alors que la première production fruitière sonne déjà.

Cependant, lors de sa visite, le journaliste trouve non loin de Bezezika une plaque publicitaire signalant la présence dans les parages d’une usine répondant au sigle Secpab, mais qu’il ne voit nulle part. Quelques semaines plus tard, il lit dans deux quotidiens de la capitale un article titré « Agrumes de Bezezika, la Secpab opérationnelle ». Il est alors annoncé que la Société d’exploitation et de commercialisation de la production agrumicole de Bezezika expédie les premiers fruits du site.

L’objet social de l’établissement est de créer et d’exploiter une unité industrielle chargée du conditionnement des fruits frais exportables, de la transformation des écarts de triage de la production de la région de Bezezika, et du traitement de tous fruits. La société est administrée par cinq représentants de l’État et des opérateurs privés. « Le conseil d’administration a nommé Emilien Rakotovao-Ravahatra en qualité de président de la Secpab et Antoine Alcoyer comme directeur général. »

Mais comme l’indique l’article, l’infrastructure- l’unité industrielle- qui devra permettre à la Secpab de fonctionner normalement est encore à créer. Pourtant, entretemps, « les fruits mûrissent en pagaille à Bezezika comme ils ne peuvent pas rester en permanence et toujours en bon état sur les branches ! »

Le projet est pourtant prometteur car les orangers de Bezezika sont des variétés extraordinaires. Ils ont été importés des Etats-Unis et d’Afrique du Sud et ils se caractérisent par des fruits doux et dépourvus de pépins. Chaque pied porte des fruits de janvier à décembre.

« Quelques fruits sont mûrs et tombent dans les hottes des cueilleurs ; immédiatement, d’autres n’attendent qu’une semaine ou deux pour suivre le même sort, alors qu’à côté, il n’y a encore que des fleurs fraîches écloses. Voilà qui doit encourager les actionnaires de la Secpab. » Les pamplemousses de Bezezika, elles aussi, sont douces et juteuses et souvent, elles forment grappes et chargent lourdement les branches. « Il aurait fallu planter plus de pamplemousses que de citronniers, ne serait-ce que pour le jus que l’on peut en tirer. »

Le site est cependant confronté à un problème crucial, celui de l’irrigation et de l’arrosage, car la culture en ligne nécessite une irrigation ou une aspersion suffisante pour ne pas fatiguer avant terme l’arbre qui produit beaucoup de fruits. La pompe aspirante qui amène l’eau à 500 mètres du terrain consomme

1 000 litres de gasoil par jour !

 

 

 

Pela Ravalitera

 

Mardi 05 novembre 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article