2013-12-02 Notes du passé: Morondava, une municipalité naît dans le Menabe

Publié le par Alain GYRE

Morondava, une municipalité naît dans le Menabe

 

Le gouvernement général de la Colonie décide, par arrêté du

16 juillet 1932, de créer la commune de Morondava, puis de l’ériger en municipalité élue, par le texte du 6 juin 1939.

L’emplacement de la ville, ancienne capitale du royaume du Menabe, « se justifie plus pour des considérations historiques et administratives que pour des raisons géographiques », lit-on dans certains écrits des années 1950.

Située dans le delta de la Morondava, sur une côte basse, marécageuse et inhospitalière, entourée de « sirasira » inondés à chaque grande marée, la ville n’a pu s’étendre que difficilement. Et cela s’accomplit surtout grâce à de gros travaux d’édilité, tels les digues reliant l’agglomération urbaine à la route de Mahabo- celle du Sud vers Belo-sur-Tsiribihina- d’une part, et à Toliara, d’autre part.

Toutefois, l’activité du port basée, jusque dans les années 1950, sur les exportations de maïs (25 000 à 30 000 tonnes avant la seconde guerre mondiale), permet à la ville de se développer en dépit de grosses difficultés d’ordre géographique.

Toujours d’après des écrits des années 1950, le grand mérite des diverses municipalités qui se sont succédé depuis 1932, est d’avoir réussi à créer une ville sur le sable et les marais qui ont dû être comblés. « Le réseau des rues bien tracées et à angle droit, existait déjà avant-guerre, mais une grosse amélioration y a été apporté par l’empierrement des principales artères et la confection des bordures de trottoir. »

En 1955, le bitumage des rues est enfin entrepris par les services de la voirie, sur les ressources ordinaires du budget : l’ancienne avenue Audéoud (1200m) est entièrement bitumée, de même la digue qui la prolonge sur 1800m. Depuis 1945 également sont successivement construits sur budget communal, les ateliers et garages de la voirie, le commissariat de police…

Parallèlement, le budget provincial consent un effort important pour ériger de nombreux bâtiments administratifs modernes et bien agencés : école primaire d’Andakabe, école européenne, bureaux et logements de la brigade mobile, logement de l’ingénieur d’agriculture, gîte d’étape moderne de six chambres, caserne de la garde indigène, etc.

En revanche, le secteur privé représenté notamment par des éléments hindous, n’a pas fait, faute de moyens, de gros efforts dans le domaine de la construction. « Les logements et magasins de la ville sont, pour la plupart, de petites baraques en tôles. »

Cette lacune peut s’expliquer par l’insuffisance de pierres dans la région. Il est vrai que les bancs rocheux les plus proches se situent à 60 km, à Dabara, du côté de Mahabo, et à

80 km, près de Belo-sur-mer. L’éloignement des matériaux de construction grève lourdement le prix de revient des constructions et nuit « sans conteste » au développement de la ville.

Par ailleurs, deux emprunts contractés par la municipalité permettent de doter Morondava d’un réseau électrique alimenté par une centrale thermique, qui donne entière satisfaction aux usagers. La consommation de courant électrique ne cesse d’augmenter d’année en année.

Un troisième emprunt est à l’étude vers la moitié des années 1950, pour agrandir la centrale et l’installation de nouveaux moteurs.

Si Morondava bénéficie d’un réseau électrique moderne, la ville est malheureusement dépourvue d’un système de distribution d’eau potable. Ce qui est d’autant plus regrettable que, dès 1938, une subvention sur le budget local ordinaire est consentie à la commune pour son adduction d’eau. Les travaux mis en adjudication avant-guerre, sont sur le point d’être terminées pendant la seconde guerre mondiale.

« En 1942, pour des raisons intéressant la défense nationale, les canalisations furent déterrées et expédiées à Tuléar qui devait être aménagée en base navale. Aucune compensation financière n’est intervenue dix ans plus tard, et la commune étudie la possibilité de contracter un emprunt permettant de financer, tout au moins en partie, les travaux d’adduction d’eau. »

 

Pela Ravalitera

 

Lundi 02 decembre 2013

L’Express

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