2013-12-10 Notes du passé: Le trafic de munitions de guerre durement réprimé

Publié le par Alain GYRE

Le trafic de munitions de guerre durement réprimé

 

Dès le début de la pacification, même sous le résident général Hippolyte Laroche encadré par le général Voyron et le lieutenant Peltier, les forces de répression agissent durement pour maîtriser les Menalamba et couper court à une conjuration.

D’ailleurs, selon Hippolyte Laroche, l’effervescence de l’opinion publique diminue progressivement et même les Européens d’Antananarivo qui, « quelques semaines plus tôt, se sont couchés

le soir avec la peur d’être assassinés pendant la nuit, commencent à

douter de l’imminence d’une insurrection et retrouvent le sommeil».

Il faut dire que les 19 et 20 juin 1896, six hommes sont exécutés au Zoma, en plein marché, condamnés pour vente d’armes et de cartouches. « Deux d’entre eux, âgés de moins de 18 ans, avaient vendu trois ou quatre cartouches pour gagner quelques sous et probablement sans aucune arrière-pensée d’approvisionner l’insurrection. »

Le résident général explique cette exécution comme un exemple pour « couper court à tout commerce plus tôt a réclamé de guerre ». Mais l’opinion publique qui deux semaines plus tôt a réclamé de « semblables exécutions en nombre illimité », paraît en avoir assez.

Le lieutenant Peltier, chef du Service de renseignements militaires, lui-même, demande au résident général de faire commuer la peine de deux autres personnes arrêtées et envoyées au tribunal malgache, car de nouvelles informations l’incitent à douter de leur culpabilité, ou tout au moins, qu’elle est atténuée.

D’après Hippolyte Laroche,

« il n’y a rien à attendre du tribunal malgache pour la vérification des accusations, il condamne ou acquitte à notre choix ». Dans tous les cas, les insurgés pris par les troupes sont invariablement passés par les armes. Et à ceux qui ont exercé un commandement, on donne le plus de publicité à l’exécution.

Les résidents Vergnes et Pradon ont, du reste, comme mission « de procéder aux enquêtes nécessaires pour rechercher et punir les complicités que les rebelles ont pu trouver dans les villages ». Ce qui donne lieu à de nouvelles exécutions pour « faits de complicité directe ou indirecte avec les Faha­valo ».

Le résident général précise toutefois que jusque-là, aucune participation de personnes à un complot, à une conspiration contre la sûreté de l’État, n’est pas encore découverte.

Ce qui l’amène à se demander si l’insurrection a une direction unique installée à Antananarivo, ou si le phénomène auquel se heurtent les Français n’est pas

« une variante » des mouvements hétérogènes, périodiques dans l’île, et qui se sont développés plus qu’à l’ordinaire, à cause de l’affaiblissement « momentané » des forces de résistance.

Et ce, à la suite du désarmement rigoureux et de la substitution d’un personnel nouveau à celui des gouverneurs et Manamboninahitra.

Hippolyte Laroche analyse ainsi la situation : « Que les insurgés aient certaines intelligences à Tananarive, c’est plus que probable. Mais ces sympathies sont-elles agissantes Il est permis d’en douter. Il faut surtout repousser l’idée de complicité dirigée gratuitement contre le gouvernement malgache. Nous constatons qu’aucune complicité, aucune trahison ne s’est produite de la part des fonctionnaires nommés par ce gouvernement depuis notre arrivée. Les uns non seulement ont tenu tête aux rebelles, mais ont pu les vaincre ; d’autres, moins habiles ou trop nouveaux venus pour les connaître et utiliser les ressources des postes qui leur étaient confiés, ont du moins cherché à faire leur devoir et l’ont prouvé en mourant. »

Le résident général rappelle, entre autres, ceux qui ont succombé en résistant aux rebelles. Tels le 12 honneurs Rafaralahibedaoro et sept officiers brûlés vils à Manjakandriana, le 12 avril 1896.

Le 12 hrs Rabanona, gouverneur d’Antsirabe, est mort le

29 avril, après avoir été blessé les 25 et 26 du même mois. Le 13 hrs Rakotovoalavo, gouverneur général du Vonizongo, est tué à coups de fusils et de sagaies avec ses cinq officiers, le 11 juin.

Le 11 hrs Ratsimanohitra, gouverneur d’Ambatomanga, n’est pas décédé, mais il a été transporté à l’hôpital de Soavinandriana, atteint de 12 blessures dont deux graves, le 28 juin.

 

Pela Ravalitera

 

Mardi 10 decembre 2013

L’Express

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