2013-12-12 Une population relativement homogène à Antananarivo

Publié le par Alain GYRE

Une population relativement homogène à Antananarivo

 

Les colonisateurs français confirment Antananarivo dans son rôle de capitale de Madagascar, ce qui rend « indispensable, un effort systématique d’aménagement de la ville » (Gerald Donque, Faculté des Lettres et des sciences humaines). Ce qu’entreprend Gallieni : ouverture de voies de communication terrestre et ferroviaire avec les régions côtières, percement de véritables routes carrossables à l’intérieur de la ville, drainage et terrassement du vallon d’Analakely, création d’un nouveau quartier qui devient vite le pôle commercial de la cité…

En 1968, la structure de la ville est juxtaposée ou à étages. La ville haute est riche en vestiges du passé. Dépouillée de ses fonctions politiques et administratives originelles, elle se transforme en quartiers d’habitations et de résidences où écoles et édifices cultuels sont encore très nombreux.

La ville basse centrale (Analakely, Tsaralalàna, Antanimena) est le centre commercial de l’agglomération, aux immeubles modernes, à la circulation intense et où se tient le grand marché du Zoma, descendu d’Antaninarenina fin du XIXe siècle. C’est aussi devenu le centre des distractions de la vie tananarivienne.

Les quartiers périphériques sont assez rétrécis à l’est, plus largement étendus dans les autres directions. Quartiers résidentiels européens ou malgaches et quartiers populeux misérables (Isotry) y alternent. Certains, riverains de la route de Mahajanga et de celle de Soanierana, font figure de zones industrielles. De vastes secteurs suburbains, encore en partie ruraux, mais où les rizières reculent de plus en plus devant les habitations, se développent en faubourgs populeux le long des grands axes routiers de desserte.

Des villages suburbains,

« rejoints par les tentacules que lance la ville vers eux », se sont intégrés, spatialement et économiquement, dans la capitale ». « C’est dans ce cadre urbain, finalement assez récent, que vit et travaille la plus forte population urbaine de l’île, une population jeune, en voie d’accroissement rapide, prise entre ses traditions ancestrales et les nécessités de la vie moderne. »

L’analyse de la composition ethnique et par nationalité de la population tananarivienne, en 1968, fait ressortir « la dominante d’une énorme majorité de Merina, la présence d’un fort noyau d’étrangers asiatiques et européens et l’existence de groupuscules très nombreux appartenant aux différentes ethnies de Madagascar ».

Les Merina constituent environ 86% de la population tananarivienne et, de ce fait, « la plupart des caractères démographiques » concernant Antananarivo « seront commandés par le comportement démocratique de cette ethnie si puissamment majoritaire ». C’est ainsi que « Tananarive apparaît, aux yeux de l’observateur le moins averti, comme une ville typiquement merina». D’après Gerald Donque, cela tient à la fois à des raisons issues du passé historique autant qu’aux importants mouvements migratoires qui font affluer vers l’agglomération des quantités de ruraux des campagnes immédiatement voisines.

« L’ethnie merina est la plus urbanisée de toutes les ethnies malgaches : taux d’urbanisation de Madagascar 6,8%, celui des Merina, 19%. » Dans l’ensemble, un quart du nombre total des Merina vivent dans la capitale ou ses environs (394 175 recensés au

1er janvier 1966) dans les préfectures de Tana-ville et Tana-banlieue sur un total de 1 569 649. Le reste occupe non seulement les villes et les campagnes d’une grande partie des Hautes-terres, mais aussi se trouvent « en proportion numériquement importante » dans toutes les autres cités et les préfectures du pays.

En 1968, « Tananarive est la seule ville à posséder une population relativement homogène ». Dans les autres centres urbains, l’ethnie

de la contrée est souvent « minoritaire» derrière des clans d’immigrants ou des groupes d’étrangers.

Quant aux autres groupes ethniques, à l’exception des Betsileo, ils sont peu représentés en nombre comme en pourcentage. Ils comptent environ 8 000 âmes (2,6%). Leur présence est favorisée par les communications aisées sur les Hautes-terres. Ce sont également les facilités de liaisons routières et ferroviaires qui poussent les Betsimisaraka à s’installer dans la capitale (environ 1 500 personnes).

 

 

 

Pela Ravalitera

 

Jeudi 12 decembre 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

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Ensemble literie 3D 20/10/2016 16:13

Bonjour,

C'est un bel article à la fois informatif et éducatif. Vous savez quoi, il y tant de choses à raconter pour cette ville; de l'architecture, le développement de la ville, la vie en ville...En tout cas un grand merci pour les connaissances que vous avez partagé pour nous.

A plus !