2014-02-18 Les débuts des Friends en Imerina

Publié le par Alain GYRE

Les débuts des Friends en Imerina

 

18.02.2014

Notes du passé

 

 

Le 1er juin 1867,  Joseph Sewell ainsi que Louis et Sarah Street arrivent à Antananarivo, envoyés par la Friends Foreign Mission Association (FFMA) qui prendra en charge, en accord (local) entre la London Missionary Society (LMS) et la FFMA, le Sud-ouest de l’Imerina, Arivonimamo, le Mandrindrano, le Nord-ouest du Vakinankaratra et Manan­daza. Ce voyage, précise Pierre Vérin, survient à une période où l’activité missionnaire commence à déborder les Hauts-Plateaux en cours de conversion par les religieux protestants et catholiques.

 Cette époque est assez critique. La reine Rasoherina, très affaiblie, est sur le point de tourner le dos. D’importants évènements vont aussi survenir. En particulier, une tentative de complot- pendant la maladie de la souveraine et après sa mort- pour renverser le Premier ministre Rainilaiarivony. S’ensuit la conversion au Christianisme de Ranavalona II et des membres de son gouvernement.

 Une fois celle-ci montée sur le trône, le Premier ministre répond à la lettre adressée par les Friends à la précédente souveraine. Il les remercie de leur cadeau de courtoisie et leur assure qu’ils bénéficieront de sa bienveillance.

 « On a désormais dépassé le stade de la tolérance et les missions peuvent œuvrer avec les encouragements officiels », commente Pierre Vérin.

 Une semaine après l’arrivée des Friends, ils se réunissent avec les membres de la LMS et se voient confier la supervision de six écoles. Pendant un temps, Louis Street enseignera à l’École centrale de la LMS à la place du regretté Stagg. Joseph Sewell commence l’institution qui deviendra l’école d’Ambohi­jatovo, et Sarah Street relaie Mrs Hartley à l’école d’Analakely. Les trois enseignants se lancent aussi dans des classes bibliques au fur et à mesure que leur connaissance du malgache s’accroît.

 Pierre Vérin précise qu’entre 1862 et 1868, l’œuvre protestante fait de tels progrès que le nombre des édifices cultuels passe de 25 à 148, dont seuls dix sont à Antananarivo même, les autres se trouvant dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres autour de la capitale. Les districts missionnaires sont rattachés à des paroisses de la ville.

 « En décembre 1868, lors de la première réunion semestrielle des églises (isak’enimbolana) un réajustement des zones d’évangélisation est opéré et le territoire des Friends est rattaché à l’église d’Ambohitantely, zone Ouest et Sud-ouest d’Antananarivo jusqu’au Vakinankaratra. »

 En 1871, de nouveaux membres de la FFMA arrivent d’Angleterre. L’accord local entre la LMS et la FFMA devient, en août 1871, cautionné par les comités anglais des deux sociétés. Sewell retourne un temps en Angleterre. Des réunions « au sommet » se tiennent auparavant avec William Ellis, son oncle par alliance, et R.Toy. Avec l’accord du Premier ministre, il emmène avec lui deux jeunes gens pour être éduqués en Europe : Rasoamiaramanana, fils d’un haut fonctionnaire, et Rasoamanana dit Frank, fils d’un pasteur respecté du Voni­zongo. Ils reviendront dans la Grande île respectivement en 1873 et 1875.

 En juin 1872, grâce à des collectes LMS et FFMA et une souscription en Angleterre, un temple en briques est édifié à Ambohitantely. Une année plus tard, une députation mixte LMS/FFMA visite le territoire missionnaire des Friends. Composée de J. Mullens et J. Sewell, elle se rend dans l’Imamo, le Mandri­drano et jusqu’à la station d’Antoby, dans l’Ankaratra, où travaillent deux Friends, Samuel et Susan Clemes.

 « C’est durant cette randonnée que l’Église du Palais prend l’initiative d’envoyer dix évangélistes qui ont terminé leurs études, dans les principales villes de l’Imerina. Malgré leur crainte de voir le pouvoir royal mettre la main sur les Églises, les missionnaires voient très vite les aspects positifs de l’affaire sentant cet appui officiel au développement de la scolarisation. »

 À partir de 1875, les missions LMS et FFMA ressentent le besoin- et déploie un effort très net- de développer l’œuvre au-delà de l’Imerina. Joseph Sewell et William Pickersgill effectuent en juin-juillet 1875 leur exploration vers Ankavandra et Manandaza. En janvier 1876, les Églises d’Imerina envoient deux missionnaires malgaches chez les Bara, mais leur succès est mitigé. En 1878, quatre missionnaires d’Imerina sont destinés au Sud-est et « y faisaient germer les premières semences de l’Evangile ». À la même époque deux autres évangélistes se rendent l’un à Ankavandra, l’autre à Anosibe dans le Nord-est.

 

Pela Ravalitera

L’Express

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