2014-02-24 La structure Fokonolona pour booster le développement

Publié le par Alain GYRE

La structure Fokonolona pour booster le développement

 

24.02.2014

 

Notes du passé

 

 

En 1971,  « nombreux sont les moins nantis, les sans-travail, les mal-soignés, les non-éduqués dont il faut s’occuper sans plus tarder, alors que, déjà, il faut se préparer à prendre en charge l’accroissement démographique ».

 Le 14 mars 1973, le colonel Richard Ratsimandrava, ministre de l’Intérieur, donne une longue conférence de presse axée sur les réformes envisagées par la mise en place du Fokonolona, accordant à celui-ci une place de choix dans la participation au Pouvoir ».

 Ceci est confirmé par la loi référendaire du 8 octobre. « L’œuvre de redressement national sera entreprise à partir de structures de base de la société malgache », précise le ministre de l’Intérieur.

 Il faut ainsi s’attaquer à la racine profonde du mal qui a provoqué les évènements de mai 1972. Il faut, de ce fait, « chercher et réaliser un nouveau style de gouvernement, fondé sur un esprit démocratique réel, capable de mobiliser toutes les énergies et permettant à tous et à chacun de participer pleinement au droit économique et au progrès de la Nation ».

 Le Fokonolona est une réalité vivante à Madagascar, insiste le ministre Richard Ratsimandrava. « Ses caractéristiques diffèrent selon les régions, mais des traits communs subsistent : la solidarité et l’organisation de ses relations sociales internes.»

 Sous la colonisation, cette cellule communautaire n’a pu s’intégrer dans les structures administratives, bien que les autorités ne manquent pas de requérir ses services pour les travaux complexes et difficiles, après quoi, elle est immédiatement laissée à elle-même. Sa réhabilitation devra, en tout cas, revitaliser les relations entre l’Administration et les citoyens qui se sont surtout basées sur le concept de l’État-Providence, mais aussi sur les aides extérieures.

 Le ministre de l’Intérieur souligne qu’il faut savoir admettre que l’explosion démographique constitue le problème capital dans la Grande île. Une situation alarmante qui « détermine l’attitude de la jeunesse, inquiète de son avenir ».

 « Le temps est à la prise de con­science, à la prise de responsabilité. La mobilisation collective par la voie du Fokonolona constitue pour nous l’unique salut au progrès et au renouveau. »

 De plus, dès les évènements de 1971 dans le Sud profond, poursuit « Monsieur Fokonolona » comme on l’a amicalement surnommé, certaines communes rurales sont entrées en léthargie et de nombreux conseillers ont perdu de leur popularité. Ainsi, une nouvelle institution devra leur succéder, « pour que la masse rurale ne soit désemparée devant ses problèmes quotidiens et pour la gestion des affaires des communes rurales ».

 Mais comme il ne s’agit pas de brusquer ce changement, le gouvernement décide de procéder progressivement à la mise en place des comités des Fokontany (quartier), des Firaisampokontany, des Fivondronam­pokontany et des Faritany.

 Ainsi dès 1973, le Fokonolona de base commencera à s’organiser et à fonctionner dans le cadre de la nouvelle structuration. Dans cette optique, une campagne de formation est menée à l’intention des conseillers du Fokonolona pour les initier à leur nouveau rôle et « ne pas décevoir la masse ».

 Le fondement du Fokonolona demeure l’intérêt commun de ses membres.

 « Jusqu’à présent, les partis politiques se caractérisent par leurs diversités d’opinions et d’idéologies. Par contre, le Fokonolona a toujours su garder cette communauté d’intérêts, les liens de parenté et la solidarité entre ses membres. C’est, en effet, cette recherche permanente de l’intérêt commun qui permet au Fokonolona d’accomplir sa mission. »

 Et dans la nouvelle conception de cette communauté de base, c’est la mobilisation générale de la masse au sein du Foko­nolona, pour la recherche et la réalisation des intérêts communs, qui permettra de surmonter tous les obstacles: se préoccuper de l’environnement villageois, de l’augmentation de la production, du ravitaillement et de l’évacuation des produits, de la construction d’infrastructures économiques et sociales…

 « Le pays est confronté à une période critique (…) Si nous perdons notre temps en luttes partisanes futiles, nous négligerons l’intérêt commun qui est le bien précieux de tous, et la Nation toute entière sombrera dans l’anarchie et le désordre. »

 

Pela Ravalitera

L’Express

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