2014-03-04 Mars 1973 : l’unité nationale mise à mal

Publié le par Alain GYRE

Mars 1973 : l’unité nationale mise à mal

 

04.03.2014

Notes du passé

 

 

1er mars : coïncidant avec le retour à Antananarivo d’Albert-Marie Ramaroson, ministre des Finances et de l’économie, un communiqué sur les négociations autour des accords de coopération franco-malgache est diffusé par la radio et la presse écrite. Il y est écrit en substance : « Au stade actuel des négociations, des possibilités d’accord ont pu être dégagées dans un certain nombre de domaines, notamment en matière monétaire, dans l’affirmation de la pleine souveraineté interne et externe de la République malgache, sans rupture des liens avec la Zone Franc. »

 3 mars : Le général Gilles Andriamahazo, ministre de l’Aménagement du territoire, rentre à Antananarivo d’une mission de quelques jours qui l’a conduit à l’île Maurice avec quelques collaborateurs. Cette mission consistait à remettre à une délégation sud-africaine le montant du prêt que l’Afrique du Sud avait accordé à Madagascar sous l’ancien régime. Le remboursement est rendu possible grâce à un prêt de 2 milliards, avancé par la Chine populaire.

 Le même jour, le couvre-feu est aussi instauré à Mandritsara et Tsaratanàna.

 4 mars : La même décision est prise à Befandriana-Nord.

 Par ailleurs, la radio nationale annonce l’arrestation de René Rasidy et Victor Miadana, anciens ministres. D’autres dignitaires du Parti social démocrate du président Philibert Tsiranana, à l’instar de Tsiazomangoly et Mouze ben Mohamed, sont également arrêtés avec eux et interrogés à Mahajanga.

 7 mars : Un nouveau parti politique, le Vonjy ho an’i Madagasikara iray tsy mivaky, ou parti du Salut pour l’unité de Madagascar, présidé par le Dr Marojama Razanabahiny, donne une conférence de presse à Antananarivo.

 9 mars : La presse, parlée et écrite, annonce une autre arrestation, celle de l’ancienne ministre Fatima Achimo, dans le cadre de l’action du gouvernement pour le maintien de la sûreté de l’État. Cette mesure est liée aux troubles qui se sont produits à Antsiranana, le 24 février.

 Autre actualité du jour : le ministre Albert-Marie Ramaroson donne, sur les antennes de la Radio nationale, des informations sur la grande ligne de la « politique monétaire de demain » de Madagascar, telle qu’elle résulte des récents accords de coopération franco-malgache. Voici ce qu’il en dit notamment : « Madagascar restera dans la Zone Franc, exercera sa pleine souveraineté monétaire sans restriction, disposera de l’autonomie dans la gestion de ses avoirs extérieurs (devises), créera une Banque centrale d’émission entièrement malgache qui se substituera à l’Institut d’émission, malgachisera à 100% le conseil d’administration

 de l’institution financière, modifiera éventuellement la parité de notre monnaie, émettra sa propre

 monnaie.»

 10 mars : Le KIM organise un meeting public dans le parc d’Ambohijatovo à Antananarivo. Des orateurs prennent la parole à cette occasion aux noms des ZOAM, du KIAM, du ZMM, du MFM et du FMTZ.

 Le même jour, le conseil du gouvernement décide de la création du Conseil national populaire pour le développement qui fera partie des institutions de la République, au même titre que le gouvernement et le Conseil supérieur des institutions. Il émettra son avis sur toutes les questions économiques et sociales que lui présentera l’Exécutif. De son côté, il présentera des propositions au gouvernement pour l’orientation économique du pays.

 20 mars : Paul Ramahavita, ancien député et secrétaire d’Etat sous le régime Tsiranana, est arrêté à Andapa pour atteinte à la sûreté de

 l’État. Il a tenu une réunion interdite au domicile d’un métis chinois et a proposé à ses amis la création d’un nouveau parti dénommé Comité des Côtiers. Ses gardes de corps et le propriétaire de la maison sont également arrêtés.

 21 mars : En tournée dans la province de Mahajanga, le chef du gouvernement, Gabriel Ramanantsoa insiste sur un point à Maevatanàna et Marovoay : « Il n’y a pas de problèmes ethniques, il y a des problèmes de classes à Madagascar. Un personnage étranger, très haut placé, a avoué avoir été le cerveau et l’artisan des troubles récents qui ont eu lieu dans l’île. Il a été expulsé. »

 22 mars : Le chef du gouvernement réitère dans la cité des Fleurs : « Ceux qui se sont gorgés de richesse à la sueur du front des autres, veulent nous diviser pour régner. Ils transforment les inégalités économiques, sociales et culturelles en opposition ethnique. »

Notes du Passé

L’Express

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