2014-03-05 Monja Jaona : « Cesser de solliciter des aides financières »

Publié le par Alain GYRE

Monja Jaona : « Cesser de solliciter des aides financières »

 

05.03.2014

Notes du passé

 

 

Le mois de mars 1974 est riche en évènements et en actualités.

 4 mars : Le ministre des Affaires étrangères, Didier Ratsiraka rentre à Antananarivo à l’issue d’une série de missions qui l’ont conduit à Paris, Alger et Addis-Abeba où devait se réunir le Conseil des ministres de l’Organisation de l’union africaine.

 Poursuivant sa tournée à l’intérieur de la province de Toamasina, le président du Conseil national populaire pour le développement, Michel Fety se rend à Sainte-Marie où il tient une séance de travail avec les fonctionnaires et prend contact avec le Fokonolona.

 Le même jour, mais dans un autre domaine, l’ancien comité directeur de la Fédération malgache de football, dont le président est M. Michel, est rétabli officiellement dans ses fonctions à la suite d’une lettre que le ministre de l’Éducation nationale et des affaires culturelles lui adresse et dont voici la teneur : « En exécution de l’arrêté n°15 du 16 février 1974 de la Cour suprême, Chambre administrative, j’ai l’honneur de vous remettre ainsi qu’à tous les membres élus le 21 janvier 1973, dans vos fonctions au sein du comité directeur de la FMF. »

 5 mars : Le gouverneur de la Banque centrale de la République malgache, Léon Rajaobelina présente aux journalistes des spécimens du nouveau billet de 5 000 FMG destinés à remplacer ceux qui sont en circulation jusqu’à présent.

 Les nouveaux billets ont cours à compter du 28 mars 1974 ; les anciens le seront limitativement jusqu’à la fin de l’année 1974.

 6 mars : Dans une conférence de presse donnée à l’hôtel Acropole par le parti Monima, son président Monja Jaona déclare en substance: « Madagascar doit importer désormais des tracteurs et non des camions, cesser de solliciter des aides financières des pays étrangers, se garder d’appliquer un régime économique du capitalisme national et d’État. Par la création de coopératives de consommation, agricoles et de production, ainsi que la participation collective des populations rurales à des travaux champêtres sans distinction d’appartenance politique ou confessionnelle, le Monima serait actuellement sur la voie d’un nouveau socialisme. Le Monima désirerait collaborer avec le gouvernement du général Gabriel Ramanantsoa et dément les bruits selon lesquels ce parti se rapprocherait des grands chefs de l’ancien régime et préparerait un rotaka (manifestation de masse violente). »

 8 mars : Une séance de travail à laquelle participent une délégation canadienne et un groupe de fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères a lieu dans la capitale pour mettre au point des projets de coopération économique entre le Canada et la Grande île. La délégation canadienne est conduite par Georges Charpentier, directeur des Affaires francophones à Montréal. Les projets prévoient la construction de barrages à Andekaleka, la mise en fonction d’une ligne de transmission électrique au lac Alaotra, la construction de silos et la formation de pilotes en aviation civile.

 9 mars : Doucouré Abdoul Wahala, professeur de lettres arabes et membre de la Ligue mondiale islamique, est reçu en audience par le chef du gouvernement Gabriel Ramanantsoa. Il lui remet un message du roi Fayçal d’Arabie saoudite, secrétaire général de l’Organisation islamique.

 13 mars : Recevant les journalistes à Mahazoarivo, Philibert Tsiranana, président de la République et devenu président du Parti socialiste malgache- dont le secrétaire général est André Resampa- déclare notamment : « Je respecte toutes les religions, y compris la religion des ancêtres (culte des ancêtres, animisme, fétichisme). Ceux qui ne suivent pas la religion des ancêtres, ne sont plus des Malgaches. » Ce nouveau parti est né de la fusion de l’ancien Parti social démocrate de Philibert Tsiranana et de l’Union socialiste malgache d’André Resampa.

 14 mars : Le Parti socialiste malgache publie un long programme d’actions dans lequel on peut relever les points suivants : « Retour aux anciens programmes de l’Enseignement supérieur, secondaire et primaire ; faire appel à l’aide d’un certain nombre de pays francophones dont la France ; le français sera utilisé comme langue d’enseignement ; faire appel à des médecins étrangers ; procurer les facilités souhaitables aux étudiants en médecine en leur donnant des professeurs qualifiés ; nouvelles négociations avec les autorités de la Zone Franc, etc.»

 15 mars : Zika Rodojlovic, nouvel ambassadeur de la République socialiste de Yougos­lavie à Madagascar, remet au chef du gouvernement, ses lettres de créance.

 Par ailleurs, au cours du conseil des ministres qui se tient à Ampahibe sous la présidence du général Gabriel Ramanantsoa, le prix du kilo de riz décortiqué est fixé à 65 ou 100 FMG, selon qu’il s’agisse de riz ordinaire ou de riz de luxe.

Notes du Passé

L’Express

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