2014-03-10 Pierre Sonnerat, le découvreur des Aye-aye

Publié le par Alain GYRE

Pierre Sonnerat, le découvreur des Aye-aye

 

10.03.2014

Notes du passé

 

 

Le naturaliste Pierre Sonnerat est appelé par Pierre Poivre,  commissaire général ordonnateur de l’Île de France (Maurice), auprès de lui, début 1768. Et dès l’arrivée du naturaliste Commerson sur cette île, il est attaché à sa personne et l’accompagne dans ses voyages, en particulier lors de son séjour sur les côtes orientale et méridionale de Madagascar, d’août 1770 à janvier 1771.

 Sonnerat participe aussi en qualité d’écrivain et de naturaliste, à l’expédition organisée en 1771 sur les navires « Isle de France » et le

 « Nécessaire ». Expédition chargée de recherches d’arbres à épices sur l’île Poulo Gebi dans les Moluques. Il en revient en 1772 et repasse en France avec une quantité considérable d’objets d’histoire naturelle, destinés au cabinet du roi.

 En 1773, il présente à l’Académie des Sciences de Paris un mémoire botanique qui obtient un tel succès que le jeune homme

 est élu associé de l’Académie de Lyon, sa

 ville natale, et le 15 janvier 1774, correspondant du botaniste Adamson à l’Académie des Sciences.

 Dès lors, il repart la même année pour les Mascareignes. Chargé notamment de continuer les recherches botaniques interrompues par la mort de Commersat, le 13 mars 1774, il entreprend alors de grands voyages à Madagascar, au Ceylan, aux Indes, en Malaisie et en Chine.

 Sonnerat rentre en France fin 1781, y prépare l’impression de son deuxième grand ouvrage. « Oublié en 1795 au moment de l’organisation de L’institut naturel, il était plus tard, le

 28 novembre 1803, élu correspondant de la section Botanique de la première classe de l’Institut (Sciences physiques et mathématiques) » (Jean Valette, archiviste-paléographe).

 Outre le mémoire de botanique, il réalise également deux ouvrages importants. Le premier est le récit de l’expédition de l’Isle de France (1771 et 1772) ; le second est la relation du voyage en Asie, en Afrique, dans l’océan Indien, les Philippines…

 De Madagascar, Sonnerat ne connaît qu’une bande étroite du littoral oriental et méridional et dans son livre, sa description du pays ne donne que la partie méridionale. « Les indications qu’il fournit sur les mœurs et les techniques, parfois d’une relative imprécision, sont généralement recoupées par les divers auteurs qui ont traité de Madagascar à cette époque. »

 Il est des cas où il apporte des renseignements importants, tels sur la médecine et les médecins. Il est même « plus explicite et plus complet que Flacourt ». Jean Valette mentionne que les indications données par Sonnerat sur la population des provinces du Sud apportent une « précision relative étonnante ». « Le nombre de chefs cités est aussi intéressant, car il peut fournir une indication sur la division clanique des régions considérées. »

 Plus importante est la part prise par Sonnerat dans les connaissances de la faune et de la flore de la Grande île.

 « C’est, en effet, à ce naturaliste que revient le mérite de la découverte du Chimorix en 1778. Il donna à ce lémurien aberrant le nom vulgaire de Aye-aye. Il en ramena en France une peau naturalisée sur laquelle travailla Buffon et donna dans son ouvrage la première description et la première reproduction. »

 Il est toutefois difficile d’essayer « de définir l’influence des écrits de Sonnerat sur les idées de son temps. En tout cas, il se révèle une source non négligeable sur Madagascar dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

 Pourtant, concernant la Grande île, il précise qu’il ne peut donner une description générale de Madagascar. « L’étendue du pays et la variété des cantons exigeaient un séjour très long. »

 « La multitude des gouvernements et les guerres continuelles qui existent dans ce pays, s’opposeraient d’ailleurs aux voyages et aux examens d’un observateur : je me bornerai donc à décrire ce que je me suis trouvé à portée d’apprendre et d’examiner moi-même. »

 Et de résumer : « Jusqu’ici, nos succès n’ont pas été heureux dans cette île ; plusieurs fois, nous avons abandonné nos comptoirs et souvent nous en avons été chassés. Il est même douteux que nous puissions nous y fixer d’une manière solide, parce que les habitants veulent être traités avec douceur. »

Notes du passé

L’Express

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