2014-03-19 Protéger la forêt pour préserver l’eau

Publié le par Alain GYRE

 

 

Protéger la forêt pour préserver l’eau

 

19.03.2014 Notes du passé

 

 

Madagascar est encore, dit-on, pour longtemps à vocation agricole et « il n’est peut-être pas inutile de penser de temps à autre, à la fixation de la population rurale».

 Selon le Dr Germain Rakotoarivelo, dans son Mémoire de fin d’études à l’École normale de santé publique (Rennes-France), pour y parvenir, lui fournir de l’eau, « une bonne eau en quantité suffisante », est la meilleure façon.

 Parallèlement, il ne faut pas négliger le problème de l’évacuation des eaux usées,

 en ville comme dans les campagnes, car c’est l’un des points fondamentaux de l’assaini­ssement.

 Madagascar est formée d’une longue chaîne de massifs, presque ininterrompue du Nord au Sud. Elle tombe  de façon abrupte sur le versant Est qui fait face à l’océan Indien et est bordée d’un étroit couloir d’alluvions fertiles tout le long de la côte.

 Dans l’Ouest et le Sud-ouest, en général elle descend en gradins pour se continuer par une très large plaine bordée par le Canal de Mozambique.

 Jadis, ce grand massif montagneux était entièrement couvert de forêt dense.

 « Mais la main de l’homme y a passé et dans sa solution de facilité, il a détruit dans presque sa totalité la forêt de l’Ouest, du Centre, ne laissant, ici et là, que de pauvres taillis et bosquets, témoins rescapés de cette gigantesque destruction. À l’Est, la forêt est encore assez importante. Elle pourrait être sauvée grâce à l’interdiction prise contre sa destruction par le feu… »

 D’après les géographes, au début des années 60, il existe six régimes de fleuves. Il y a celui de la côte Est, aux rivières abondantes toute l’année, avec des lits bien calibrés où les cours ne divaguent que vers l’embouchure. Ces cours sont de temps en temps coupés de chutes.

 Celui du Sambirano, presque identique à celui de la côte Est, a un régime de crues moins important. Celui de la Montagne d’Ambre est constitué de rivières nombreuses et régulières, maintenues par un lit basaltique et bien protégées par une forêt primaire. Celui des Hauts-plateaux se caractérise par des modules très élevés : leurs hautes eaux se situent en janvier-février, les lacs et les larges vallées alluviales arrêtent de façon sensible les pointes de crues. Celui de la côte Ouest présente des crues très brutales.

 La pente faible et les dimensions mêmes du bassin versant atténuent les pointes de crues, mais étalent les forts débits et prolongent les périodes d’inondation.

 Et enfin, le régime du Sud-ouest et du Sud ou « régime subdésertique de transition » : les crues sont très courtes, brutales, pouvant en quelques heures submerger un lit complètement sec.

 À ces crues succède un tarissement rapide. « La saison sèche est d’autant plus sensible qu’on se rapproche de la mer. Le réseau hydrographique est très peu développé. Point ou guère de végétation. »

 Outre ces cours d’eau naturels, la Grande île compte aussi quatre types différents de lacs : ceux peu profonds sur socle cristallin comme le lac Alaotra et les grands marais

 des Plateaux ; ceux peu profonds sur zone sédimentaire (lac Kinkony, Hima) ; ceux de type volcanique (Itasy et les nombreux lacs parsemant surtout le massif) et enfin les Pangalana.

 Si l’on considère les grands plans d’eau d’au moins 2 000 ha de surface- les « grands marécages » et les Pangalana non compris-, leur superficie totale est estimée à 77 210 ha, tandis que l’ensemble des grands lacs et fleuves couvrirait au moins 550 000 ha.

 À cela s’ajoutent les eaux souterraines dans le Plateau central et le littoral oriental, dans le bassin sédimentaire de l’Ouest (Sakoa, Sakamena, Isalo, Causses mahafaliennes, bassin de Mahajanga) et dans le Sud de l’île, entre Toliara et Tolaganro, qui n’est que la prolongation du bassin sédimentaire de l’Ouest.

 « La carte pluviométrique du pays semble avoir une liaison directe avec sa carte hydrologique et l’on ne se trompe pas en avançant qu’à Mada­gascar, la pluie tombe en abondance là où il y a déjà beaucoup d’eau. Mieux encore, il y a tout lieu d’admettre qu’aux six régions hydrologiques correspondent à peu près six régions climatiques et pluviométriques. »

 De plus, il semble que les pluies et les eaux arrosent les Plateaux, les hauteurs, particulièrement les zones de belles végétations auxquelles correspondent, en général, les endroits non encore dénudés. « Peut-on, dans ce cas, expliquer par ce phénomène de dessèchement la disparition de grands fleuves comme le Manombo…, ou le tarissement périodique du lac Ihotry   ».

Notes du passé

L’Express

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