2014-05-08 Des organismes de crédits au service des opérateurs

Publié le par Alain GYRE

Des organismes de crédits au service des opérateurs

 

08.05.2014

Notes du passé

 

 

Outre les quatre banques de dépôts visibles en 1956,  le réseau bancaire de la Grande île comprend également des organismes de crédit spécialisés. Il s’agit de la Caisse centrale de la France d’Outre-mer (CCFOM) et la Caisse centrale de crédit agricole de Madagascar (CCCAM) qui sont des établissements publics, ainsi qu’une société d’Etat, le Crédit de Madagascar (CM) et une société d’économie mixte, la Société immobilière de Madagascar (SIM).

 Tous, sauf la CCFOM, ont leur siège social à Antananarivo. En outre, à l’exception de la CCCAM créée en 1930, ils exercent leur activité dans la Grande île de 1948 à 1951.

 Leurs activités en matière de crédit sont, pour la CCFOM, le crédit à moyen et long termes aux entreprises importantes. C’est-à-dire crédit public à long terme, participations aux sociétés d’État et d’économie mixte.

 Pour la CM : le crédit moyen et long termes aux petites et moyennes entreprises industrielles, commerciales et minières, à l’artisanat, à la construction privée. Pour la CCCAM : crédit à court, moyen et long termes aux agriculteurs. Et pour la SIM : crédit à moyen terme à la construction privée.

 Le crédit privé, grâce à un réseau bancaire relativement développé  et à des organismes

 de crédit spécialisés dotés de moyens importants, connaît depuis la dernière guerre un accroissement sensible.

 « Au 30 octobre 1956, l’encours total des crédits consentis au seul secteur privé- les crédits publics devant être étudiés avec l’activité de la CCFOM dont c’est le monopole à peu près exclusif à Madagascar- atteignait le montant de 20 200 millions CFA, soit plus de 20 000 francs par habitant » (Bulletin de Mada­gascar, octobre 1957).

 Pendant longtemps, le crédit à court terme est la seule forme de crédit bancaire pratiqué du fait que l’Institut d’émission ne peut réescompter que les effets à court terme.

 En 1956, il est pratiqué par les seules banques de dépôts et la CCCAM. « Même en tenant compte des dévaluations intervenues entretemps, le développement du crédit à court terme a été rapide  et à peu près continu depuis 1945… Cette progression s’explique aisément par l’accroissement régulier des échanges extérieurs et du commerce intérieur de l’île. »

 Le crédit à moyen terme est pratiqué plus par les banques de dépôts que par les organismes de crédit spécialisés avec, toutefois, une nette prédominance en volume des premières. « Ce genre de crédit est d’usage  récent puisque jusqu’en 1950, l’Institut d’émission ne pouvait pas réescompter les efforts à moyen terme. »

 Les premières opérations à moyen terme commencent néanmoins en 1948, du fait que la CCFOM, outre ses crédits directs, use de la faculté qui lui est laissée de réescompter les effets souscrits par la CCCAM et les banques.

 Pourtant, le volume des prêts à moyen terme ne prend un développement notable qu’à partir de 1951, quand le réescompte de l’Institut d’émission peut commencer et quand le Crédit de Madagascar, puis la SIM entament leurs opérations.

 Ainsi de fin 1950 à fin 1954, l’encours total des crédits à moyen terme évolue sensiblement (de 302 à 2 274 millions CFA). « Il y a lieu de penser que ce montant correspond aux besoins normaux de l’économie malgache dans l’état actuel de son développement et compte tenu du relais que lui apporte le crédit à long terme.»

 Les banques de dépôts n’ont pas le droit de pratiquer le crédit à long terme, celui-ci étant dans la profession bancaire réservée aux banques d’investissement. Or, aucune de celles-ci n’est alors représentée dans l’île. Aussi est-ce le « fait exclusif » de trois des organismes spécialisés de crédit existant dans l’île : la CCFOM, la CCCAM et le CM.

 Toutefois, la prépondérance reste à la première, car si la clientèle de cet établissement est restreinte, elle est composée des entreprises les plus importantes de l’île, telles la Société sucrière de la Mahavavy, Eléctricité et eaux de Madagascar

L’Express

Publié dans Notes du passé

Commenter cet article