2014-02-27 Les Forces armées libérées de l’ombre de la France

Publié le par Alain GYRE

Les Forces armées libérées de l’ombre de la France

 

27.02.2014

Notes du passé

 

 

Pendant quatre mois et demi, Madagascar et la France s’engagent dans des négociations difficiles. Les représentants des deux pays, respectivement Didier Ratsiraka, ministre des Affaires étrangères, et Jean François Deniau, secrétaire d’État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération, signent  à Paris, le 4 juin 1973, un ensemble de textes. Ce document comporte un Accord général et huit Accords particuliers, ceux-ci étant constitués par des conventions ou des lettres.

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 Tout ceci devra désormais régir « une coopération franco-malgache rénovée appelée à être fructueuse et durable ». Elle sera fondée non seulement « sur le respect de la souveraineté pleine et entière et l’intégrité territoriale de chaque État, mais aussi sur la sauvegarde des liens d’amitié unissant les deux pays ». Les conventions et dispositions signées concernent différents domaines : relations diplomatiques, affaires militaires, domaniales, culturelles, judiciaires, assistance technique, postes et télécommunications, pêche maritime.

 En matière de Défense, en particulier, les deux pays s’accordent à la date du 1er septembre 1973 pour que les responsabilités de défense commune, exercées depuis le 27 juin 1960 par la République française, soient dorénavant totalement prises en charge par la République malgache. De ce fait, les Forces armées françaises transfèreront à leurs homologues malgaches les installations précédemment mises à leur disposition (art. 1).

 Une commission spéciale dite des installations militaires est chargée de régler les modalités de leur transfert. Cette structure de huit membres est présidée par deux personnalités désignées par les gouvernements malgache et français (art. 9).

 Concernant particulièrement la Base de Diego-Suarez, « partie intégrante du territoire national », elle relève entièrement de la souveraineté malgache et la Répu­blique malgache en assure seule la défense. Mais si la Base de Diego-Suarez est placée sous commandement malgache, la Grande île accorde cependant à la Marine française diverses facilités renouvelables annuellement, par tacite reconduction, en matière de ravitaillement, d’entretien et réparation et d’escales techniques (art. 2, 3, 4).

 En échange, pour permettre aux cadres nationaux de prendre en main, dans les meilleures conditions et au niveau technique requis, les services techniques de servitude de la Base et de l’Arsenal, la Marine française, « dans le volume actuel de ses effectifs à terre et de ses bâtiments », assure pendant deux ans la formation de techniciens malgaches, avec un personnel civil et militaire. À noter que les bâtiments disponibles sont un aviso-escorteur, un dragueur côtier, de petits bâtiments de servitude, un bâtiment de transport LCI, un remorqueur de haute mer.

 Passé ce délai de deux ans, les autorités malgaches peuvent faire appel à des assistants techniques français. En tout cas, les deux parties établissent « un projet de malgachisation des cadres et du personnel » qui fait l’objet d’une concertation annuelle, et « des conditions de l’assistance technique » jugée nécessaire (art. 5).

 Les activités de l’Arsenal de Diego-Suarez sont reprises par une société malgache d’exploitation, dont les structures, le fonctionnement et les modalités de création  sont étudiés par une société d’études créée dès la signature de l’Accord particulier sur les Affaires militaires. Toutefois, jusqu’à la constitution de cette société qui interviendra « au plus tard le 31 décembre 1974 », les services techniques français assurent la gestion de l’exploitation du chantier, « de manière à préserver au mieux la continuité des activités industrielles » (art. 8).

 Par ailleurs, la Marine française reçoit la charge des installations qu’elle utilise, notamment le mess de garnison et l’infirmerie-hôpital interarmées qui admet les personnels et les familles des Forces armées malgaches et de la Marine française. En outre, les organismes de nature sociale et sans but lucratif (SAM, SRAF) sont ouverts aux personnels des FAM représentés de manière paritaire aux dans les comités de gestion.

 Les produits approvisionnés par le SRAF bénéficient d’une détaxe réduite suivant un contingent fixé annuellement par le ministère de l’Economie. Quant aux matières et matériel militaires destinés aux besoins des Forces armées françaises, ils sont exonérés de tous droits et taxes.

 Pela Ravalitera

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