56% des Malagasy vivent avec 100 Ar par jour

Publié le par Alain GYRE

56% des Malagasy vivent avec 100 Ar par jour       

 

(2884 ariary = 1 euro

   100 ariary = 0,29 euro)

 

Samedi, 10 Août 2013

Le taux est issu des calculs d’économistes du Cercle de réflexions des économistes de Madagascar (CREM). L’économiste Hugues Rajaonson affirme que cette large majorité des Malagasy vivent avec moins de 5 cents par jour. C’est l’équivalent d’environ 100 Ar par jour. De nos jours, que peut-on acheter avec 100 Ar si l’on doit subvenir aux besoins d’un ménage composé en moyenne de 5 personnes ? Seulement 2 « mofo gasy », une pâtisserie sucrée typiquement malagasy. Même pas de quoi calmer le ventre affamé d’un enfant ou d’un adolescent ! Pour la population vivant dans l’extrême pauvreté donc, c’est lui demander de décrocher la lune de l’inciter à scolariser ses enfants, se soigner, se nourrir et loger correctement. Ces besoins fondamentaux, pourtant dictés par les droits de l’Homme, relèvent de l’impossible pour plus de la moitié des Malagasy. Cette population se trouve dans un cercle vicieux et risque d’y rester longtemps si l’on se réfère au contexte actuel. En effet, aucune solution de sortie de crise ne se profile à l’horizon pour l’en sortir. Par la même occasion, cette population vivant dans l’extrême pauvreté condamne, malgré elle, ses enfants à vivre plus tard dans la même situation.

En effet, la malnutrition chez les enfants est catastrophique, non seulement pour leur vie présente mais aussi pour leur productivité à l’âge adulte. Celle-ci sera inférieure à la normale d’après une étude de la Banque mondiale. A côté de cette misère extrême pourtant, une toute petite minorité vit aisément avec des nourritures à gogo, des belles demeures, des véhicules rutilants avec souvent des gyrophares, des possibilités de passer des vacances à l’extérieur ou sur des belles îles du nord-ouest du pays comme Anjajavy… Cela signifie que cette petite minorité est essentiellement composée de membres de la classe dirigeante, de leaders et barons des principales formations politiques, des grands trafiquants en tous genres souvent de mèche avec des autorités du régime. En moyenne, les Malagasy vivent avec 1,1 dollar par jour d’après les calculs du CREM, soit 2 200 Ar par jour. Bien évidemment, la petite minorité évoquée plus haut n’est pas concernée par cette moyenne. Mais que peut-on acheter avec 2 200 Ar ? 1 kg de riz, 2 bottes de légumes en feuilles additionnées d’un filet d’huile et le charbon de bois pour cuire le tout.

En fin de compte, le niveau de vie de la plupart des ménages et celui de ceux qui sont dans l’extrême pauvreté ne sont pas très éloignés l’un de l’autre. Les risques de basculement de la 1ère catégorie de ménages dans l’extrême pauvreté existent d’ailleurs. Ils se matérialisent dans la persistance de la crise politique assortie de ces graves crises socioéconomiques. Sinon, le CREM souligne que 87% de la population sont frappés par la pauvreté monétaire, 29% touchent un revenu quotidien entre 100 et 3 000 Ar alors que seuls 2% ont un revenu entre 3 000 et 4 000 Ar par jour. 6% perçoivent 4 000 Ar par jour. Si la Banque mondiale parle d’un taux de pauvreté de 92%, le CREM avance le taux de 93% pour tout l’ensemble du territoire. Quoi qu’il en soit, il faut noter que depuis le milieu des années 70, la classe politique continue de plonger le pays dans une situation très critique d’où il lui sera difficile de sortir.

Fanjanarivo

La Gazette

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