Agriculture durable: adapter les cultures au changement climatique

Publié le par Alain GYRE

Agriculture durable: Adapter les cultures au changement climatique

Mercredi, 13 Juin 2012

Le grand sud de Madagascar regorge de potentialités. L’agriculture et l’élevage constituent les principales activités de la région. À quatre vingt kilomètres, au nord de Tuléar se trouvent le village d’Ankiliabo. Une bourgade agricole de 3 812 personnes. La première source de revenus des habitants est le petit commerce et le troc de marchandises avec les autres localités. Depuis 2007, la communauté s’est regroupée en association villageoise : « Mandady Mora » (se mouvoir prudemment). Ce regroupement aide à la sensibilisation des citoyens sur les effets néfastes du changement climatique sur l’agriculture. La sècheresse ravage les cultures, les pluies se font rares, les récoltes baissent. La Fondation Tany Meva a proposé un financement pour le renouvellement des semences par de nouvelles espèces de riz et la dotation de matériels agricoles tels un tracteur, des bêches et des charrues. Un appui dans l’appropriation de nouvelles techniques pour mieux interagir en faveur du respect de l’environnement. Le savoir traditionnel lié au riz consistant à semer partout les grains laisse place à de nouveaux procédés: la culture en ligne. Les récoltes augmentent jusqu’à 4 tonnes par hectare. « La récolte a doublé depuis l’adaptation des nouvelles cultures. La période de soudure passe aujourd’hui de 2 mois depuis 2010. » a déclaré le président de l’association, Edmond, sous un manguier, au beau milieu de la place du village.

La promotion du développement commence par l’implication des individus et de la collectivité aux affaires locales. Il en tirerait plusieurs avantages comme nous le témoigne notre interlocuteur. « Être mieux informer des nouvelles techniques, augmenter son pouvoir d’achat et améliorer les conditions de vie de nos enfants, mieux communiquer et s’ouvrir aux autres, tels sont les opportunités en collaboration avec la Fondation Tany Meva. » La participation de la communauté aux activités qui le touche est essentielle dans la mesure où chaque citoyen va se sentir directement concerné. Il découvre par lui-même les méfaits de ses pratiques sur l’environnement et adopte un comportement adéquat capable de faire avancer les choses. La communauté d’Ankiliabo semble s’être adapter à la transformation du climat. Vivre et ressentir les menaces y sont pour quelque chose. S’adapter et adopter un réflexe peut être un moyen de préserver l’habitat, la nature. Vers un développement où l’agriculture elle aussi serait inscrit dans la durabilité.

Recueillis par R. Rojo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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