Agriculture : La sècheresse touche les greniers à riz

Publié le par Alain GYRE

Agriculture : La sècheresse touche les greniers à riz

 

Le changement climatique a perturbé le calendrier cultural rizicole depuis quelques années

 

Les impacts du changement climatique sont de plus en plus palpables dans le domaine de la riziculture. L'insuffisance en eau survient surtout pendant la floraison.

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Les intempéries n'ont pas que de mauvaises conséquences. Le passage des cyclones est indispensable pour la production de riz. La sécheresse qui survient surtout au mois de février entraîne une forte baisse du rendement. «Depuis quelques années, le changement climatique a perturbé le calendrier cultural rizicole. Dans certaines régions, notamment dans les greniers à riz comme l'Alaotra et le Moyen Ouest, nous observons une période de sécheresse en février alors que c'est le moment de la floraison. La production est ainsi mauvaise. Il est par ailleurs constaté que les premières pluies arrivent tardivement et la saison pluvieuse est moins longue qu'auparavant» explique Rakotondramanana, directeur exécutif auprès du groupement de semi-direct de Madagascar (GSDM).

Pour sa part, le secrétaire exécutif du Plan pour le développement rural (PADR) a souligné que s’il n'y avait pas de cyclone à Madagascar, la production de riz serait difficile. C'était hier lors de la matinée d'animation basée sur le thème Développement rural et changement climatique à Anosy.

Solutions d'atténuation

Selon une enquête menée par le GSDM auprès de trois mille producteurs entre 2010 et 2011, 80% de cet effectif n'ont pas pu produire de riz, à cause du phénomène. Les 20% ont pu sauver la saison car ils ont pratiqué l'agriculture de conservation. Il s'agit tout comme le système de riziculture intensive, d’une mesure d'atténuation des impacts du changement climatique. Toujours d'après le directeur exécutif du GSDM, la première permet aux producteurs de semer dès les premières pluies, de favoriser l'infiltration, de diminuer le ruissellement ainsi que l'érosion. Après trois ou quatre années d'application, les producteurs n'ont plus besoin d'utiliser d’engrais car le sol devient de plus en plus fertile, au cours du temps.

Quant au SRI, cette pratique requiert moins d'eau. Elle permet donc de faire face aux périodes de tarissement relatif ou absolu. «La maîtrise de l'usage de l'eau avec le SRI par l'alternance d'assecs et d'irrigation permet de réduire jusqu'à 40% la consommation d'eau » note pour sa part Bebe Razaiariamanana. « Grâce à une bonne maîtrise de l'eau et une utilisation de compost, la quantité de méthane émise, peut être quasiment divisée par dix. En effet, le fait de laisser les rizières immergées toute l'année, permet de récolter une quantité importante de l'ordre de 7,45 kg par ha par jour » poursuit-elle. Les actions de sensibilisation des producteurs pour l'adaptation de ces techniques sont de mise. Actuellement, le taux d'utilisation reste faible malgré une amélioration. Pour le SRI, par exemple, de grands exploitants l’ont adopté dans le grenier de l'Alaotra, mais le système ne concerne que 2 à 5% des producteurs.

 

 

Lantoniaina Razafindramiadana

 

Samedi 28 septembre 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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