Agriculture: Le futur appartient aux produits bios

Publié le par Alain GYRE

Agriculture : Le futur appartient aux produits bios

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La société Codal se spécialise dans les produits alimentaires bio, dont différentes variétés de riz

Produire bio, consommer bio... L'utilisation des produits chimiques dans la pratique agricole peut représenter une menace pour la fertilité du sol. Elle peut également représenter un vrai danger pour la santé, surtout si son utilisation n'est pas correctement respectée. C'est ce qu'affirme, en tout cas, Edmond Randrianarivony, coordinateur du projet Reggio terzo mondo (RTM) Madagascar. Cette organisation non gouvernementale travaille, en particulier, dans la promotion de l'agriculture biologique ainsi que dans le commerce équitable et solidaire.
« Les paysans tendent, de plus en plus, à utiliser des intrants ou des pesticides chimiques qui peuvent entraîner des dépenses colossales. Les composants risquent de constituer un réel danger pour le sol. Par contre, la pratique de l'agriculture biologique semble garantir une gestion durable de la fertilité du sol et produire également des récoltes conformes à la santé », argumente-t-il.
Actuellement, les produits biologiques n'occupent qu'un petit marché de niche, au niveau local. En général, les produits garantis bio sont mis en vente dans les grandes surfaces. Les étrangers en constituent la clientèle, dans la majorité des cas. Les Malgaches n'ont pas encore acquis la culture bio.
Plus cher
« Nos produits bio sont principalement vendus à notre siège d'Ankorondrano. Le marché est encore naissant mais c'est principalement la clientèle étrangère qui s'intéresse à cette gamme de produits », indique Sandrine Robson, responsable commerciale et marketing de Codal.
Spécialisée dans l'agroalimentaire depuis 1949, cette société fait partie des rares sociétés agroalimentaires à avoir un certificat bio. Chez Codal, les produits bio coûtent en moyenne 15% plus cher que ceux non bio. Outre les produits basiques tels que les confitures, qui font la renommée de la société, elle a lancé, depuis le mois d'août, des variétés de riz biologique cultivées au niveau local, dont le riz noir.
Le coût de la certification est indiqué comme étant la principale cause de la cherté des produits. Actuellement,
6 000 producteurs sont recensés comme pratiquants la technique biologique.
5 000 sont certifiés. Ils travaillent, en général, en collaboration avec les exportateurs.
« La capacité des producteurs reste faible. Ils se sont regroupés et collaborent avec des exportateurs », rapporte Edmond Randrianarivony, coordinateur du RTM.
Dans tous les cas, Madagascar possède la potentialité requise pour imposer cette pratique au plan national. Toutefois, la plupart des consommateurs sont encore induits en erreur par manque d'information. Nombreux pensent que les produits vendus sur le marché et produits localement sont des produits biologiques. Ce qui n'est pas toujours le cas.

Judicaëlle Saraléa

Mercredi 07 novembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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