Agriculture : Un modèle de culture sous couvert végétal

Publié le par Alain GYRE

Agriculture : Un modèle de culture sous couvert végétal

 

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Le professeur Lilia Rabeharisoa et le docteur Tovonarivo Rafolisy veulent croire en l'avenir de l'agriculture de conservation

 

Les recherches innovantes se multiplient pour lutter contre l'insécurité alimentaire. Mais la volonté politique laisse toujours à désirer.

 

Comment faire pour adapter la pratique culturale face au changement climatique Des chercheurs du laboratoire des Radio-isotopes (LRI) de l'université d'Antananarivo ont trouvé une formule pour faire augmenter le gap de 21% de production rizicole, de 14% et 15% la production de maïs et de manioc due notamment à la sécheresse prolongée, cette année. « L'agriculture de conservation ou système de culture, sous couvert végétal permet, au moins de doubler la production agricole », a avancé le professeur Lilia Rabeharisoa, directeur du LRI. C'était lors du cycle de conférences organisé par l'Institut Français de

Madagascar et l'Institut de recherche pour le développement à Analakely, mardi,

dont le thème est axé sur « Restauration et amélioration de la fertilité des sols par l'intensification de l'agriculture de conservation ».

La culture sous couvert végétal permet en effet d'augmenter la matière organique et chimique du sol comme le phosphore. Elle réduit aussi le temps du labour. « Ce système est également connu sous le nom de labour minimum de terre permettant aux végétaux de couvrir le champ », a ajouté le professeur Lilia Rabeharisoa.

Défi à gagner

Le résultat de production agricole obtenu grâce à ce système semble ainsi alléchant. « Le rendement du riz sous couvert végétal dépasse celui du système de pratique conventionnelle et la monoculturale de riz durant trois ans », a indiqué le docteur Tovonarivo Rafolisy, enseignant chercheur au LRI. Mais les données qui ont étonné l'assistance durant l'exposé, auraient été le rôle joué par ce système de culture dans la lutte contre le changement climatique. « L'agriculture de conservation permet de séquestrer 400Kg de carbone par hectare chaque année », a relaté Tovonarivo Rafolisy.

La valorisation de ce fruit de recherche comme toutes les recherches effectuées par les chercheurs malgaches demeure par contre un défi à gagner. Aussi, la vulgarisation de ce système cultural nécessite une bonne volonté politique. Pour convaincre les paysans d'adopter cette pratique, il faut beaucoup de techniciens pour les accompagner et les motiver. « Il faut attendre quatre ans pour obtenir un résultat probant dans ce système de culture sous couvert végétal. Les avantages après cette longue attente sont ensuite nombreux comme la non utilisation d'engrais chimique, la lutte contre le réchauffement climatique et le labour minimum de terre », conclut le directeur du LRI.

 

 

 

Vonjy Radasimalala

 

Jeudi 24 octobre 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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