Aide humanitaire: les centres d'accueil s'alarment

Publié le par Alain GYRE

Aide humanitaire : Les centres d'accueil s’alarment

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Les rations distribuées par les diverses associations constituent souvent le seul repas pour ces enfants démunis

Des milliers d'orphelins et enfants démunis font face à des menaces de rupture de leur ration quotidienne. L'État et les bailleurs sont appelés à prendre leurs responsabilités.

La Plate-forme de la société civile pour l’Enfance (PFSCE), regroupant une vingtaine d'associations et centres s'occupant des enfants démunis et orphelins, a tiré, hier, la sonnette d'alarme face à l'arrêt de l'appui alimentaire apporté par le Programme alimentaire mondial (PAM). « En l’absence de ce soutien, ce sont 30 000 orphelins et enfants vulnérables dans tout Madagascar qui seront privés d’alimentation, au cours des prochains mois », a fait savoir le communiqué de la PFSCE.
Roméo Razafintsalama, responsable de relation avec les partenaires dans le Centre Notre dame de Clairvaux, Ivato, expose les dangers qui guettent les enfants face à une telle situation. « Notre centre abrite 250 jeunes, et 243 d'entre eux survivent grâce à ce soutien alimentaire », a-t-il expliqué. La déperdition scolaire dans ce centre risque ainsi de monter en flèche si aucune solution n'est trouvée dans le plus bref délai. « Nous pouvons toujours dispenser une formation aux jeunes. Mais le ventre vide risque de les dissuader de venir à l'école. Quant aux 145 internes, certains d'entre eux risquent d'être invités à rentrer chez eux. Nous ne pouvons pas les retenir sans les nourrir », a enchaîné le responsable.
Meilleure option
« Face à cette situation d’urgence, la PFSCE demande aux pouvoirs publics, à la communauté internationale et aux bailleurs institutionnels ainsi que privés de prendre leurs responsabilités et de mobiliser tous les moyens nécessaires pour permettre l’aide alimentaire des enfants vulnérables », interpelle le communiqué de la plate-forme.
Roméo Razafintsalama suggère ainsi que l'État offre, dans un premier temps, une partie du riz bradé ou « vary mora » dans les fokontany aux centres d'accueil pour sauver les enfants vulnérables. « Une ligne budgétaire destinée à offrir des nourritures aux enfants démunis devrait être, également, inscrite pour limiter les dégâts. Il ne faut pas, non plus, oublier le travail de plaidoirie, afin que les bailleurs renouvellent leurs financements », a avancé le responsable.
À l'entendre, la recherche de nouveau financement et de bailleurs de fonds par les propres efforts de chaque centre, en ce temps de crise, demeure assez difficile. « La meilleure option serait de continuer à travailler avec les bailleurs classiques », conclut-il.

Vonjy Radasimalala

Jeudi 13 decembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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