Ampefiloha Ambodirano: La malnutrition touche 90 enfants

Publié le par Alain GYRE

Ampefiloha Ambodirano : La malnutrition touche 90 enfants

bebe.jpg

Un bébé sous alimenté emmené par sa mère pour être détecté, hier

Les carences en apport protéine-calorique conduisent à de nombreux cas de malnutrition à Ampefiloha Ambodirano. La prise en charge est limitée.

Nous sommes à Ampefi­loha Ambodirano, un bas-quartier de la
commune urbaine d'Antana­narivo. La malnutrition y prend de l'ampleur et 87 enfants de moins de cinq ans en souffrent. Hier, lors du lancement de la semaine de santé mère-enfant dans ce fokontany, trois autres cas ont été détectés au dispensaire. « Un enfant est atteint de malnutrition si son tour de bras est inférieur à 125 mm. Pour certains d'entre eux, elle est tout de suite perceptible, quand les mères nous les amènent au dispensaire », explique Baolisoa Ravaomalala, responsable du dispensaire local. C'est surtout la difficulté financière des parents dans ce fokontany qui conduit à cette situation de malnutrition . Selon Razafimandimby, président du fokontany, le nombre élevé d'enfants au sein d'une même famille favorise la malnutrition, car elle peut atteindre en moyenne 12 enfants dont l'aîné est âgé de 20 ans. Si elles ne sont pas des mères célibataires, les parents sont en majorité des petits marchands ambulants, lessiveuses pour les mères de famille. Ils ne touchent que très peu d'argent le soir si bien que les enfants ne mangent presque rien pendant la journée. Agée de 17 ans, Nandrianina Rasoa­mahandry témoigne du cas de son fils Alfa.
35 % des décès
L'enfant a maintenant 11 mois, mais ne pèse que cinq kilos. « À sa naissance, mon fils n'était pas comme ça. Je ne pouvais pas l'allaiter parce qu' il fallait que je travaille, alors que je ne rentre que le soir. Pendant la journée, il est soit avec ma mère, soit dans une crèche du fokontany », confie-
t-elle. Malgré cette difficulté de survie des enfants, la prise en charge de la malnutrition est limitée. Le Conseil du développement d'Andoha­tapenaka (CDA) qui est une sorte d'Ong ne peut prendre en charge que 40 enfants. La prise en charge nutritionnelle dure trois à six mois. Il y a un autre associé du fokontany qui prend en charge 40 autres enfants. Là, les enfants mangent du koba uniquement le samedi. Les autres doivent attendre qu'il y ait des places vacantes.
La malnutrition est un challenge permanent pour Madagascar. En 2011, le ministère de la Santé publique a indiqué qu'elle est la cause de 35% des décès des enfants de moins de cinq ans. Mercredi, lors du lancement de l'enquête sur les OMD, les Nations-Unies ont rappelé que le taux de malnutrition chronique est aujourd'hui de 50,1%.
Si elle ne tue pas, elle laisse des séquelles importantes plus tard. « Un enfant atteint de malnutrition a un retard de croissance, il a 25 fois plus de chance de mourir quand il est malade. Une femme malnutrie pendant son enfance, aura souvent un accouchement compliqué », a conclu le docteur Harinelina Randria­masiari­jaona, chef de service de la prise en charge, de prévention de la malnutrition au ministère de la Santé publique.

Michella Raharisoa

Mardi 06 novembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article