Analyse de la Banque Mondiale: trop de pertes socio-économiques

Publié le par Alain GYRE

 

 

Analyse de la Banque Mondiale: trop de pertes socio-économiques

(04-06-2013) -

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La Banque Mondiale, dans sa mise à jour de la situation économique à Madagascar pour 2013, a publié un rapport sur les coûts économiques de l'impasse politique depuis 2009. La facture est amère !

 D'après ce rapport, la crise politique et l'énorme incertitude qu’elle fait peser sur les investisseurs privés ont mis un coup d’arrêt à l'élan économique de Madagascar. De ce fait, les conséquences sont très sévères sur les indicateurs économiques et sociaux du pays. Dans l'ensemble, la Grande Ile a beaucoup trop perdu.

 "En prenant comme référence une croissance annuelle de 5 pour cent, le PIB en 2013 aurait été de 20 pour cent au-dessus de son niveau actuel. L'écart entre la situation où l’économie aurait pu être et la situation actuelle devrait maintenant dépasser 8 milliards de dollars US", selon le rapport.

 

Parmi les conséquences, la banque note la chute du revenu par habitant qui est revenu à celui de 2001 pour une population à forte croissance démographique (2,9%). La population malagasy a augmenté de plus de 3 millions de personnes de 2008 à 2013. La pauvreté a ainsi fortement augmenté: "avec un taux de pauvreté de plus de 92% au seuil de 2 dollars par jour, Madagascar est désormais un des pays les plus pauvres du monde". Le nombre d'enfants non scolarisés a ainsi augmenté et se trouve renforcé par la malnutrition aiguë qui atteint plus de 50% dans certaines zones. De plus, de nombreux centres de soins de santé ont été fermés. "Une situation qui hypothèque le bien-être des générations futures. A ce jour, Madagascar ne sera pas en mesure d’atteindre la plupart des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d'ici 2015".

 La crise alimentaire est aussi aux portes de la Grande Ile avec l’invasion acridienne qui menace plus de 60% de la récolte de riz et cela malgré une bonne croissance de l’agriculture.

 En finances publiques, même si la gestion macro-économique reste prudente, le transfert des coûts d’assainissement d'une situation fiscale affaiblie au prochain gouvernement est un risque réel, tandis que l'aide étrangère reste en sourdine avec une chute d'environ 30% entre 2009 et 2013. Quant aux infrastructures, les détériorations font rage.

 

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Le taux de pauvreté atteint les 92% actuellement, selon la Banque Mondiale

© TGN

En outre, d'après toujours le rapport de la Banque Mondiale, les problèmes de longue durée en matière de gouvernance à Madagascar ont été exacerbés avec l'affaiblissement de l’état de Droit, l'insécurité croissante, la mauvaise gouvernance dans l'exploitation des ressources naturelles (bois de rose, or, pierres précieuses), des progrès limités sur le front anti-corruption et la faible transparence dans la gestion des ressources publiques n’en sont devenus que plus pressants.

 

Pour le secteur privé, peu de nouveaux investissements nationaux ou étrangers ont eu lieu dans un contexte très incertain. Et avec un manque de dynamisme économique global ainsi que les différents problèmes suscités, « aucune création importante d'emplois n’a pu, ou pourra, avoir lieu."

 

Bref, l'avenir des citoyens malgaches est hypothéqué. Selon ce rapport, "une résolution politique de la crise est urgente. La solution doit s'assurer qu'une autre crise ne survienne plus tard".

 

Recueillis par Solofo Andrianjakarivelo

Publié dans Revue de presse

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