Ankadikely-Ilafy: des rizières inondées à perte de vue

Publié le par Alain GYRE

Ankadikely-Ilafy : Des rizières inondées à perte de vue

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La population est obligée de traverser les rizières à pied avec beaucoup de risque

La pluie persistante de ces derniers jours s'annonce dangereuse en cette saison cyclonique. Plusieurs fokontany sont victimes, faute de prévention efficace.

Au moins six fokontany ont été frappés de plein fouet, après la rupture de la digue protégeant la rivière Imamba au niveau du fokontany d'Ambohipanja, commune rurale d'Ankadikely Ilafy, hier. « La digue provisoire construite après le passage du cyclone Giovana, l'année dernière, n'a plus résisté à la pluie vers deux heures du matin (hier). La rivière Imamba a inondé plusieurs rizières qui se trouvent dans le fokontany de Sabotsy Namehana, Ambohipanja, Belanitra, Antanandrano, Andafiandrefana et Ambodimita. Au total 922 hectares de rizières ont été affectés », a relaté Claude Rakotonan­drasana, président de l'association des agriculteurs d'Ambohipanja.
Le riz de contre-saison et le riz pluvial sont ainsi menacés, si aucune solution immédiate n'est prise par les autorités. « Les rizières en aval de l'Imamba où est planté le riz de contre saison peut encore résister à l'eau pendant quelques jours. Mais les jeunes plants de riz dans notre fokontany vont pourrir si a pluie persiste », ajoute Claude Rakotonan­drasana. Mais Jeanine Rasoa­zananaivo, propriétaire de rizière à Ambohipanja, reste pessimiste sur l'avenir de ses jeunes plants de riz. « Ma rizière a une superficie de 500 mètres carré. Mais beaucoup seraient déjà ensablées. Ces blocs de tourbe sur la rizière sont les preuves de cet ensablement. Ce sont des blocs qui se trouvent au fond de la rivière qui ont été emportés par la crue accompagnés de sable », se plaint-elle.
Rupture de digue
Mais il n'y a pas que les riziculteurs qui sont affectés par cette rupture de digue. Les habitants et les étudiants d'Ambohipanja et de Belanitra souhaitant rejoindre la ville de Sabotsy Namehana font face également à des difficultés. Il faut payer 500 ariary pour bénéficier du service des éclaireurs qui aident les gens à traverser la rizière sous un courant d'eau. « Ne traversez pas cette rizière, vous allez détruire les restes des jeunes plants qui pourraient être encore sauvés. Et vous allez finir par être emportés par le cours d'eau », crie Jeanine Rasoazananaivo sur la digue d'Imamba. À quelques mètres de la dame, Claude Rakotonandrasana regarde les passants et sa rizière, impuissant. « Nous sommes victimes d'un jeu de passe-passe. Le maire nous ordonne de porter plainte auprès de l'Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo. Ce dernier a avancé que l'appel d'offre pour réhabiliter cette digue est déjà lancé. En attendant cette réhabilitation, le district nous envoie à la mairie pour nous aider. Nous sommes lassés de ce jeu », conclut le président de l'association des agriculteurs d'Ambo­hipanja.


Tempête tropicale et masse nuageuse sur la Grande île
Une zone de convergence tropicale accompagnée par une masse nuageuse arrose la partie Nord et la capitale, depuis samedi. La pluie va ainsi durer jusqu'à la fin du mois sur les Hautes Terres centrales et la partie Nord de Madagascar selon le service météorologique d'Ampandria­nomby, hier. Tandis que la masse nuageuse localisée dans l’ocean Indien s'est intensifiée est devenue une tempête tropicale nommée Felleng. Ce sixième système cyclonique du bassin Océan Indien Sud-Ouest se trouvait à 900 Km de la côte Nord Est de la Grande île hier après midi. Un avis d'avertissement a été ainsi lancé dans la région de DIANA, SAVA, Analanjirofo et Atsinanana.

Vonjy Radasimalala

Mardi 29 janvier 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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