Antananarivo: bientôt des ruells en bon état

Publié le par Alain GYRE

Projet Lalan-kely de l’agglomération d’Antananarivo: Bientôt, des ruelles en bon état

     

 

Samedi, 14 Juillet 2012

Les concours financiers, fruits de l’accord signé en décembre dernier avec l’Agence française de développement (AFD), seront bientôt mobilisés pour le projet Lalan-kely (ou ruelles). Lors d’une séance d’information tenue hier à la Vice-primature en charge du Développement et de l’Aménagement du territoire (VPDAT) maître d’ouvrage de ce projet, l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public et d’aménagement (AGETIPA), maître d’ouvrage délégué, a rappelé que 78 fokontany allaient bénéficier de ce projet en septembre prochain. Il s’agit de fokontany de la commune urbaine d’Antananarivo et de 11 autres communes de l’agglomération d’Antananarivo. Le projet consiste à améliorer les voies d’accès et la mobilité dans les quartiers populaires et prioritaires. Concrètement, il s’agit de réhabiliter 37 km environ de voies piétonnes et 32 km de voies carrossables. Ces travaux vont accaparer 80% du budget. Il faut y ajouter la mise en place d’aménagements liés à l’hygiène, l’assainissement, l’approvisionnement en eau potable, la construction et la réhabilitation d’infrastructures communautaires de type lavoirs, bornes-fontaines, équipements sanitaires, éclairage public, bacs à ordures…

Trois entreprises sont présélectionnées pour la réalisation de ce projet. Pour plus de transparence, l’AGETIPA mettra en place un monitoring de chantier et établira des fiches de projet consultables par Internet pour tout citoyen désireux à tout temps de suivre l’avancement des travaux. Cette innovation joue en faveur de la redevabilité (le devoir de rendre compte) et de la transparence. Elle consiste aussi à faire accéder la VPDAT et le ministère des Finances et du Budget à un archivage électronique. Notons que la séance d’hier s’inscrit déjà dans ce souci de la transparence et de la redevabilité. En effet, elle a vu la participation des communes bénéficiaires et a également permis à celles-ci d’entrer dans le processus de préparation et de réalisation du projet. Cette approche est nécessaire parce que sur le terrain, les travaux exigent la mise sur pied d’une structure organisationnelle. Notons que ces travaux se décomposent en 480 petits projets dont le cours de réalisation est consultable sur le site www.agetipa-ccpmsportal.net

Recueillis par Fanjanarivo

Les tenants et aboutissants du programme

Le projet Lalan Kely (ruelles d'Antananarivo) a pour objet la réalisation d’infrastructures de désenclavement et d’assainissement.

Plus, selon les données publiées par l’Agence Française de Développement (AFD), il est fait état que l’agglomération d’Antananarivo doit faire face à une croissance démographique parmi les plus importantes d’Afrique. Presque tous les nouveaux urbains sont pauvres, et au fur et à mesure que les quartiers défavorisés se densifient, les conditions de vie s’y détériorent en raison d’une insuffisance chronique d’infrastructures et d’équipements. On voit par exemple des quartiers proposant une borne fontaine pour 6 000 habitants, et il est difficile de pénétrer ou de sortir de certaines zones d’habitation pendant la saison des pluies tant les chemins sont impraticables.

En termes de développement économique, de santé publique ou d’apaisement des tensions sociales, la lutte contre la pauvreté et l'extrême pauvreté urbaine devient donc un enjeu national majeur, renforcé par le contexte actuel de crise politique que vient de traverser le pays. La crise sociale qui en découle se traduit en effet par une augmentation de la pauvreté, du chômage et de l'insécurité affectant les populations urbaines défavorisées, particulièrement vulnérables.

Et toujours d’après les informations rendues publiques par l’AFD, il apparaît que la finalité du projet lalan Kely est d’améliorer les conditions de vie dans les quartiers les plus défavorisés de l’agglomération d’Antana-

narivo. Elle se décline en cinq objectifs clés : améliorer la mobilité piétonne, y compris pour les personnes handicapées ou à mobilité réduite, assainir les quartiers, favoriser l’accès aux services essentiels, renforcer les capacités des communes de l’agglomération concernées par le projet, et renforcer la gestion communautaire des équipements collectifs.

En outre, les mêmes données de l’AFD mentionnent que le projet sera mis en œuvre dans environ 79 quartiers répartis dans 14 communes de l’agglomération, dont la principale, celle d’Antananarivo. Il concerne avant tout la construction de ruelles (Lalan Kely en malgache), environ 130 km au total. Elles seront équipées de drains permettant l’évacuation des eaux usées et pluviales, et parfois éclairées afin d’améliorer les conditions de sécurité.

En fonction des besoins de chaque quartier, le projet financera la construction ou la réhabilitation de bornes fontaines, de latrines, de blocs sanitaires, de lavoirs et de bacs à ordures. La phase de travaux, à haute intensité de main d’œuvre, permettra dans la mesure du possible l’emploi des habitants des quartiers, souvent jeunes et peu qualifiés.

La sélection des quartiers a été effectuée sur la base de différents critères reflétant leur degré de pauvreté, en particulier celui de la densité et du niveau d’équipement. Enfin, le projet ne concerne pas les quartiers situés en zones inondables ou non constructibles.

Et au sujet du mode opératoire du projet, les mêmes informations indiquent que le montant du projet est de 9M€, dont 7,6 M€ pour les travaux. La maîtrise d’ouvrage sera assurée par le ministère de l’Aménagement du Territoire, qui la délèguera à l’AGETIPA à travers un Contrat de Maîtrise d’Ouvrage Délégué. Le projet démarrera en 2011 et s’achèvera au plus tard en 2015.

Pour bénéficier au plus grand nombre, l'ensemble des ruelles, escaliers et équipements seront construits suivant les recommandations d'Handicap International, qui a contribué à la préparation du projet dans le cadre d’une prestation financée par l’AFD. Leur entretien courant sera assuré par la mise en place d'une gestion communautaire accompagnée par les ONG et associations locales. Le bilan des expériences de gestion communautaire précédemment menées à Antananarivo, principalement par l’ONG ENDA, sont en effet très positives, car elles contribuent entre autres à combler un vide et à lutter contre l’exclusion sociale qui touche de nombreux nouveaux urbains.

Montant total du projet : 9 M€ en subvention financé à 100 % par l’AFD.

La Gazette

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