Artisanat : Boom des produits non exportables

Publié le par Alain GYRE

Artisanat : Boom des produits non exportables

 

Les produits touristiques sont de plus en plus variés, mais malheureusement de moins en moins exportables

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Les artisans sont dans l'expectative. Après les produits en peau de crocodile, les articles en bois de rose et d'ébène ne peuvent plus être exportés.

 

L'étau se resserre autour des artisans. La vente des produits en bois de rose ou d'ébène se fait rare. Les touristes s'empêchent d’en acheter du fait que les agents forestiers interdisent leur sortie du territoire malgache, quel que soit leur nombre et leur usage.

« Bien que les touristes étrangers commencent à venir peu à peu, nous ne pouvons pas compter sur eux pour acheter nos produits. Beaucoup se plaignent qu'une fois à l'aéroport, on leur confisque les produits même si c'est en pièce unique, en guise de souvenir de leur passage à Madagascar », clame Bakoly, une artisane et vendeuse de produits artisanaux à Andravoahangy. « Nous subissons la même galère que les artisans spécialisés dans la vente de produits à base de peaux de crocodile. Même une ceinture ou un portefeuille ne peuvent être emportés par les touristes », poursuit-elle.

Absents des foires

En dehors du marché local, les expositions de ces types de produits dans les foires internationales s'avèrent aussi impossibles.

« Récemment, nous avons appuyé la participation de quelques artisans malgaches à une foire à l'étranger. À l'aéroport, les membres de la délégation ont été contraints d'abandonner les produits en bois de rose », rapporte, pour sa part, Sariaka Nantenaina, responsable auprès d'une structure intervenant dans le secteur artisanat. Cette situation s'explique par l'ordonnance stipulant l'interdiction de la coupe, de l'exploitation, du transport et de l'exportation de ces bois précieux.

« Nous ne pouvons faire autrement car, le texte en vigueur ne définit pas une quantification et ne précise pas, non plus, s'il s'agit de produit fini ou non », se défend Joseph Rakotonirina, président du Syndicat des agents forestiers. « La confiscation peut avoir lieu dans les pays de destination », explique une source auprès de la direction générale de l'Artisanat (DGA).

Le marché local demeure, ainsi, le seul débouché pour les artisans. Le bois blanc et le palissandre restent, cependant, autorisés. Les produits en bois de rose se vendent dans la rue de certains quartiers commerciaux à Tsara­lalàna et le long de la route nationale 7. Mais cette pratique peut être passible de sanctions. « L'autorisation de vente de ces produits localement est une question de complaisance, de dispositions sociales. Quand ils ne sortent pas du pays, c'est toléré. Mais ces produits peuvent être saisis et confisqués par l'administration forestière si on se réfère à l'ordonnance qui interdit l'abattage, l'exploitation et l'exportation du bois de rose et du bois d'ébène », poursuit notre source de la DGA.

 

 

Lantoniaina Razafindramiadana

 

Samedi 03 août 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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