Baobabs: Trois espèces endémiques en danger

Publié le par Alain GYRE

Baobabs: Trois espèces endémiques en danger            

Samedi, 14 Juin 2014

 

Les travaux de réhabilitation de la route nationale reliant le district de Morondava à celui de Belo-sur-Tsiribihina a démarré cette semaine avec le financement européen.

 

En période de pluies, les touristes ne peuvent pas aller plus loin que l’allée des baobabs et le site où est situé les baobabs amoureux, alors que les tsingy de Bemaraha constituent également un site touristique des plus visités. Seulement, même les baobabs sont menacés. Pourtant, ces arbres géants à l’envers (leurs branches ayant des ressemblances avec les racines), sont avec les lémuriens les plus reconnus dans le monde quand on parle de Madagascar. Ils constituent ainsi les espèces emblématiques du pays. D’après le journal Madagascar conservation & development (MCD) de juin 2014, la Grande Ile abrite 6 espèces endémiques de baobabs dont 3 sont « en danger » et 3 « quasi-menacées » selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Mais Madagascar nourrit des contradictions qui risquent fort de nuire aux baobabs. D’un côté, il a consenti à des engagements en ratifiant des conventions internationales sur la diversité biologique (CDB) et sur le commerce international des espèces menacées (CITES). Il s’engage ainsi à assurer la conservation et la gestion durable des baobabs, notamment les espèces les plus menacées.

 

Mais de l’autre côté, le journal cité plus haut rappelle que l’arrêté n°2915/87 du 7 septembre 1987 sur les produits accessoires des forêts, considère les baobabs comme des produits forestiers non ligneux. Ils peuvent donc être exploités et aucune disposition n’a été prise pour gérer durablement leur exploitation. C’est ainsi que les marchés de fleurs de la capitale proposent des écorces de baobabs pour décorer des bouquets de fleurs chics, des voitures et tables de mariage. Ces écorces servent aussi dans la vannerie et notamment pour les chapeliers. On avance souvent que ces matières premières proviennent de baobabs qui se sont effondrés d’eux-mêmes, mais il faut vérifier pour infirmer ou confirmer cette situation. Il fut un temps où des baobabs se sont effectivement effondrés à la suite du passage d’un cyclone, mais ce n’est pas un phénomène très courant. Outre leurs attraits pour le secteur tourisme, les baobabs présentent d’autres potentiels. Le journal MCD souligne : « La demande en produits dérivés du baobab croît rapide-ment sur le marché mondial. Sur le continent africain, l’exploitation à des fins commerciales des fruits et graines de baobab a permis l’accroissement des revenus des ménages mais cette exploitation risque d’avoir un impact négatif sur la survie des baobabs si aucune mesure de conservation ne l’accompagne. Actuellement, le marché international des produits dérivés du baobab est encore dominé par le baobab africain Adansonia digitata. Cependant, des études récentes montrent que les baobabs malagasy peuvent aussi être exploités sur le marché international ».

 

C’est dans ce sens que les auteurs de l’article sur les baobabs rappellent que le cadre réglementaire est une étape essentielle pour assurer la gestion durable d’une ressource. Rappelons que les baobabs sont présents dans 35 aires protégées. Mais à l’exception de l’allée de baobabs et de la montagne des Français, ils ne sont pas considérés comme des cibles de conservation. Le journal précise : « Seule Adansonia grandidieri bénéficie de mesures de conservation régionales par la mise en place du Dinan’ny Menabe et de la stratégie de conservation de l’espèce dans le Menabe. Or les pressions observées actuel-lement et les prospectives portant sur l’aire de distribution des deux autres espèces classées « en danger » que sont A. perrieri et A. suarezensis justifient la mise en place de stratégies de conservation ».

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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