Benoit-Luc Chambon : L’art de la pierre sèche

Publié le par Alain GYRE

Benoit-Luc Chambon : L’art de la pierre sèche

(01-09-2014)

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La maçonnerie à pierres sèches, autrement dit sans ciment ni truelle, est l’une des formes les plus anciennes d’architecture. À Madagascar, elle reprend du service aiguillonnée par un vrai passionné du sec. Après tout, c’est au pied au mur qu’on reconnaît le maçon…

 

© no comment ®

Construire des murs avec des pierres sans utiliser de liant, c’est le métier de Benoit-Luc Chambon depuis 20 ans. Ce spécialiste de la décoration en pierres sèches vient de terminer en mars dernier l’aménagement d’un domaine d’une superficie d’un hectare et demi. Pour cela, il a monté pas moins de 500 mètres carrés de mur de soutènement, des escaliers, un lavoir, une cheminé… entre autres ouvrages. « J’ai utilisé des centaines de mètres cubes de feuilles de granite, mais pas un seul gramme de ciment », souligne-t-il. Une maçonnerie en pierres sèches est un peu comme un puzzle. Elle requiert un choix judicieux du matériau, un ajustage et un emboîtement précis des éléments. En fait, tout repose dans la façon de positionner les pierres les unes par rapport aux autres à mesure que le mur se construit. Mais une fois terminé, l’ouvrage peut braver les millénaires, les cyclones et tout ce qui s’en rapproche.

 

À Madagascar depuis 24 ans, Benoit-Luc Chambon a fondé sa propre société, Rustika, qui met la maçonnerie de la pierre sèche – entendez sans mortiers – au service de la maison et de ses dépendances. Murs, cheminées, barbecues, soutènements, escaliers, margelles pour piscine, tout est possible. C’est sans doute ce qui rend cette architecture tellement à la mode ces dernières années à Madagascar, tant chez les natifs que chez les résidents étrangers. « Les expats aiment le côté rustique de la pierre sèche, les Malgaches sont plutôt conquis par la solidité des constructions », estime-t-il. Les feuilles de pierre extraites de la carrière d’Ambatomaro sont utilisées à l’état brut, c’est-à-dire non taillées. « Tout est dans l’art de bien choisir les blocs pour qu’ils se renforcent les uns par rapport aux autres. Ainsi, le mur va tenir de lui-même et résister sous le poids de l’humidité et des dizaines de tonnes de terre qu’il le soutient. » Cela donne à chaque fois un ouvrage unique et totalement fait main, donc on ne peut plus écologique.

 

A Tana, Benoit-Luc Chambon utilise essentiellement le granite vu que la capitale malgache bénéficie de quelques belles carrières, notamment à Ambatomaro et Andralanitra. Dans ce type de maçonnerie, il est en effet de tradition de n’utiliser que les matériaux locaux. A l’origine de cette architecture sèche, au moins aussi ancienne que l’agriculture, on trouve des paysans qui ont l’idée de se servir des pierres qu’ils trouvent en labourant leurs champs pour construire leur habitat. C’est ce qu’explique ce fils de paysans français qui a toujours baigné dans cette tradition. Fermes, étables ou bergeries, la pierre sèche est sans doute l’architecture la plus ancienne, mais toujours bien vivante…

 

 

 

Benoit-Luc Chambon : rustikamada@gmail.com – 032 02 354 52

 

Solofo Ranaivo

 

 

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Publié dans Revue de presse

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