Besoin de consommation: Combustible et environnement: un paradoxe pour les Malgaches

Publié le par Alain GYRE

Besoin de consommation: Combustible et environnement : un paradoxe pour les Malgaches

     

 

Vendredi, 09 Novembre 2012

Un paysage désolé jonche la route nationale numéro 2. D’Anjiro à Moramanga, les forêts se raréfient, des fumées s’échappent de lointains villages, visibles depuis la route.

Les pratiques s’intensifient et pour cause, la transformation des bois en ressource énergétique. L’exploitation du charbon de bois en combustible ménagère pour la cuisson de la nourriture et le chauffage. De la désolation sur des hectares de terres, un commerce florissant pour les exploitants et la satisfaction des besoins de consommation, tels sont les scénarii qui juxtaposent le quotidien des habitants des régions Alaotra Mangoro, Analamanga et Atsinanana actuellement.

Les pluies tardent à venir. Malgré quelques tombées durant la nuit en début de semaine dans la ville de Moramanga, les précipitations se font rare dans la capitale. Les fumées, l’intensification des pratiques liées au Tavy, les feux de brousse accidentelles accentuent l’arrivée des pluies. Loin d’être une préoccupation majeure du fait de son utilité, le charbon caractérise une demande de plus en plus grande à Madagascar. Ce qui constitue une source de revenus pour les exploitants. Etant donné que la loi ne condamne ni n’interdit les pratiques et que le contrôle des points chauds ne se fait que rarement, la situation s’envenime.

La chaleur étouffe, le soleil brûle, une situation alarmante qui prévaut des solutions rapides et une mobilisation de tous les acteurs. Mais quelles solutions avancer quand on sait que nous dépendons tous, plus ou moins de cette ressource énergétique ? Quelles mesures prendre en sachant que l’inflation actuelle ne fait que conforter les pratiques ? Autant de questions qui soulèvent des préoccupations majeures à Madagascar. Car avec les ressources existantes dans notre pays, une biodiversité enviée par les autres, une flore et une faune endémique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, nous sommes en train de détruire l’environnement et agissons dans l’optique d’un réel changement climatique.

Et les scènes se ressemblent. D’un côté les vendeurs de sacs de charbon, de l’autre côté les consommateurs. Un cliché d’autant plus vrai avec la vente en détail de ce produit dans les différentes parties de l’île. Un sachet en plastique à Ariary 200, un autre à Ariary 1 500 et les plus gros aux alentours de Ariary 5 000 et 10 000. Tous pourront s’approvisionner selon leurs bourses et leurs budgets. En attendant, l’approvisionnement de la capitale est acheminé tous les jours de Mantasoa, de Moramanga, de Manjakandriana et ses environs. Et de se dire qu’on est passé de la couleur verte au rouge en une vingtaine d’années, à quelle couleur correspondrait notre pays dans dix ans sur cette soi-disant planète bleue ?

La Gazette

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